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VOICI 11 TRADUCTIONS DU JABBERWOCKY DE LEWIS CARROLL

 

Texte original

`Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe:
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.


"Beware the Jabberwock, my son!
The jaws that bite, the claws that catch!
Beware the Jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!"

He took his vorpal sword in hand:
Long time the manxome foe he sought --
So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.

And, as in uffish thought he stood,
The Jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came!

One, two! One, two! And through and through
The vorpal blade went snicker-snack!
He left it dead, and with its head
He went galumphing back.

"And, has thou slain the Jabberwock?
Come to my arms, my beamish boy!
O frabjous day! Callooh! Callay!'
He chortled in his joy.


`Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.

TRADUCTIONS

 

Marion Blais
Master 2 TAC 2006/2007
Traduction de « Jabberwocky », Lewis Caroll (1871)


BALBUVRACIE


Il était grilheure, et les blézilles visclages
Fougyraient dans la tondure et s’y vortillaient.
Les sarpeluettes étaient en pitreux bilage,
Et les chéloplies orphues mupifflaient.

Prends bien garde au méchant Balbuvrac, mon enfant !
A ses griffes qui happent, à sa gueule qui mord !
Méfie-toi de l’oiseau Pioupiou, et fuis devant
Le très sulphurax élastitraptor !

Emportant avec lui son estrocante épée,
Il partit en quête du monstre refroussant.
Contre l’arbre Toumtoum, il alla s’adosser
Et se mit à réfléchir un instant.

Il était encore tout à ses pensées ruflantes
Quand le grand Balbuvrac, les yeux de flammes emplis,
Fendit l’épense forêt à pas pestifflants
En ponctuant sa course de bêglodies.

Et une ! Et deux ! Et tiens ! Et vlan ! Sans une trève,
L’estrocante épée fit maintes mortelles entailles.
Une fois la bête à terre, il lui ôta la tête,
Et retourna galomphant au bercail.

« Le grand Balbuvrac par ta lame est-il tombé ?
Viens vite dans mes bras, mon enfant béhardois !
Ô festieuse journée ! Ah-la-la-ï-yé! »
Glouffa le père dans un élan de joie.

Il était grilheure, et les blézilles visclages
Fougyraient dans la tondure et s’y vortillaient.
Les sarpeluettes étaient en pitreux bilage,
Et les chéloplies orphues mupifflaient.


Mirentxu PASCAL D’AUDAUX
Master 2 TAC 2006/2007
Traduction de « Jabberwocky », Lewis Caroll (1871)

Baragouoqueux

Il était curois ; les tauves listeux
Se gyraient et envrillaient dans la loinde ;
Les borogauves étaient tout maibleux,
Et s’exrufflaient les croux errindes.

« Prends garde au Baragouoque, mon petit !
Sa mâchoire croque, ses griffes happent !
Prends bien garde à l’oiseau Pioupioule et fuis
Devant le frumieux Toutattrappe ! »

Sa vorpalesque épée il empoigna ;
Longtemps il chercha son rival manxé...
Près de l’arbre Toctoc il s’arrêta
Et y demeura pour penser.

Et, tandis qu’il songeait maussatrement,
Le Baragouoque, des flammes aux yeux,
Surgit du bois frayu en halénant
Et barzouillant à qui mieux mieux !

Et une, deux ! Dans un vlim-vlam, la lame
Vorpalesque trancha et retrancha !
Enfin, brandissant la tête sans âme,
Galomphalement il rentra.

« Aurais-tu donc occis le Baragouoque ?
Viens dans mes bras, mon garçon rayonnois !
Ô journée frabieuse ! Callou ! Callok ! »
Se réjouissant, il pounifla.

Il était curois ; les tauves listeux
Se gyraient et envrillaient dans la loinde ;
Les borogauves étaient tout maibleux,
Et s’exrufflaient les croux errindes.

Amélie Thomas
Master 2 TAC 2006/2007
Traduction de « Jabberwocky », Lewis Caroll (1871)

BARJAGOREE

Il nuibait ; les glugiles blèzes
Virgaient et creuillaient dans la vure.
Les balzeaux étaient tout minrèzes
Et les perlouins verorcs en sflure.

«Crains le Barjagore, mon fils !
Ses dents mordent, ses serres étreignent !
Crains l'oiseau Picpic et évite
Le coléfurbieux Coudeuyène !»

Son épée tranchaiguë en main,
Cherchant toujours le vil monsfrant,
Il fit halte sous le Plaufain
Et médita là un instant.

Alors qu'il songeait brousfrement,
Le Barjagore sifsurgea
Et traversa, en belmurant,
Les yeux luisants, le toufru bois.

En un éclair, la tranchaiguë
Epée perça et pourfendit !
La bête, sans tête, mourut.
Le scalp en main, il galtromphit.
« As-tu vaincu le Barjagore?
Dans mes bras, mon fils produgeux !
O jour briose ! Gallou ! Gallore ! »
S'étranglouba-t-il tout joyeux.

Il nuibait et les glugiles blèzes
Virgaient et creuillaient dans la vure.
Les balzeaux étaient tout minrèzes
Et les perlouins verorcs en sflure.


Caroline Nicolas
Master 2 TAC 2006/2007
Traduction de « Jabberwocky », Lewis Caroll (1871)

Barjagouinages

C’était flambeure, et les glestes blézores
Tourgiboyaient et vrifouillaient dans l’herbizon.
Tout malingreux erraient les bosquefores,
Et fosseroutés, grogniflaient les verratons.

Mon cher enfant, au Barjagoin prends garde !
Sa gueule mord, sa griffe larde !
Garde aussi au Cuicui, et qui plus est,
Au fulmibond Griffu arqué !

Vorpale épée en main, il part en quête
De la monstreffrayante bête.
Puis, à l’ombre du Tam-Tam arrivant,
Il reste songeur quelque instant.

Or, tandis qu’il pense, tout grinchépiteux,
Le Barjagoin aux yeux de feu
Renichlingue à travers bois et tulrêts,
Bulvrombissant d’un air mauvais.

Alors un ! et deux ! D’estoc et de taille
La vorpalette coupe et cisaille.
Voici la bête morte ; il prend son chef
Et rentre galomphant au fief.

Or donc, le Barjagoin tu as occis ?
Dans mes bras, rionnant petit !
Ô, splendieuse journée ! Oyez, Oyesse !
S’esglouffe le vieux dans sa liesse.

C’était flambeure, et les glestes blézores
Tourgiboyaient et vrifouillaient dans l’herbizon.
Tout malingreux erraient les bosquefores,
Et fosseroutés, grogniflaient les verratons.


Guislaine Julien
Master 2 TAC 2006/2007
Traduction de « Jabberwocky », Lewis Caroll (1871)


Charabioqueux


C’était la grillée : les lesqueux tordeaux
Girouettaient et gimbelaient dans l’oinlée,
Bien pitiétifs semblaient les barboreaux,
Exgribaient les gorégoyés.

« Méfie-toi du Charabioc, mon petit !
De son croc qui mord, de sa griffe qui sort !
Méfie-toi de l’oiseau Jujube et fuis
Le frulmineux Colaressort ! »

Il dégaina sa vorpachante épée,
Chercha l’ennemi mannois longuement,
Puis, assis à l’ombre du Tutumier,
Demeura songeur un moment.

Alors, tandis qu’itément il songeait,
Le monstre Charabioc à l’œil ardent,
Traversait soufflotant le bois tulget
Et burouillait chemin faisant !

Et un ! Et deux ! Slash, slash, il pourfendit
La bête de son glaive vorpachant !
De la tête, fier trophée, il se saisit,
Puis s’en retourna galomphant.

« As-tu enfin occis le Charabioc ?
Viens vite dans mes bras, mon fils radieux !
Ô journée merbellieuse ! Calou ! Caloc ! »
Glouglougna-t-il alors, joyeux.

C’était la grillée, les lesqueux tordeaux
Girouettaient et gimbelaient dans l’oinlée ;
Bien pitiétifs semblaient les barboreaux ;
Exgribaient les gorégoyés.


Flora Colombet
Master 2 TAC 2006/2007
Traduction de « Jabberwocky », Lewis Caroll (1871)


CHARABIOQUÉ

Il était l'heurdine : les toves lisqueux
Trounillaient gyrant sur l'excaminadran ;
Les borogoves étaient tout minireux,
Et les goréverts égardus gronifflaient.

« Prends garde au Charabioc, mon fils !
Sa mâchoire croque, ses griffes happent !
Prends garde à l'oiseau Jojobe, fuis
Le flumieux Bucca-trappe ! »

Il ceignit son épée vorpale,
Chercha longtemps le Manxéphale...
Près de l'arbre Tamtam se tint,
Et réfléchit un brin.

Alors qu'il rumigeait bourru,
Le Charabioc, les yeux en feu,
Parut pufflant dans les boiffus,
Cheminant grouzouilleux !

Et un ! Et deux ! Du tac au tac,
Sa vorpale frappait : et vlan !
De la bête, il trancha la tête
Qu'il porta galomphant.

« As-tu tué le Charabioc ?
Viens dans mes bras, enfant radieux !
Ô jour splendieux ! Calloh ! Callah ! »
S'espouffa-t-il de joie.

Il était l'heurdine : les toves lisqueux
Trounillaient gyrant sur l'excaminadran ;
Les borogoves étaient tout minireux,
Et les goréverts égardus gronifflaient.

Cristelle BRUNET
Master 2 TAC 2006/2007
Traduction de « Jabberwocky », Lewis Caroll (1871)


Dragorrhéique

C’était cuiseure et les toveurs soupleux
Gyraient et gymblaient dans la sendetée ;
Tout maigragiles étaient les borogleux,
Et les raseux loignés brattaient.

Prends donc garde au Dragorrhée, mon petit !
Ses crocs te croquent, ses serres te lacèrent !
Prends donc garde à la pie Piafpiaf, et fuis
Le frumireux Bandéroptère !

Il s’empara de son épée vorpale ;
Longtemps l’ennemi atrable il chercha.
Puis il prit repos sous le chêne Échal
Et pour réfléchir y resta.

Plongé dans ses pensées ribles il était,
Lorsque le Dragorrhée, les yeux brillants,
Surgit fumant de la tulge forêt
Et s’approcha en burillant !

Une, deux ! Une, deux ! D’un côté et de l’autre
L’épée vorpale faisait schlin’ et shlan !
Il tua la bête et avec sa tête
Il rentra chez lui galomphant.

As-tu vraiment occis le Dragorrhée ?
Viens donc dans mes bras, mon radiant garçon !
Oh joyable journée ! Callouh ! Callaih !
Glougna-t-il, gai comme un pinson.

C’était cuiseure et les toveurs soupleux
Gyraient et gymblaient dans la sendetée ;
Tout maigragiles étaient les borogleux,
Et les raseux loignés brattaient.

Anne Sophie Maret
Master 2 TAC 2006/2007
Traduction de « Jabberwocky », Lewis Caroll (1871)


Folcaquetterie


C’était gril’heure ; les blaizarons soupleux
Vrillaient sur le carbe et gyrotaient.
Tout tristiles allaient les reboiffeux ;
Les vercochons meuglaient et tersiflaient.

Prends garde au Folcaquet, mon fils !
Ses machoires broient, ses griffes meurtrissent.
Gare à l’oiseau Jobbard, et fuis
Le furagovore avant qu’il sévisse !

Il prit son épée vorpaline,
Longtemps chercha l’ennemi manseffroi ;
Fit halte près de l’arbre Timpine
Où songeur un instant il demeura.

Comme de rufièles pensées l’animaient,
Le Folcaquet, l’œil flamboyant,
Vint haniflant à travers les fourrés,
Et s’approcha zoucouroulant.

Une, deux ! Une, deux ! Et au travers !
La lame vorpale fait slic et slan !
La bête à terre, avec sa tête,
Il s’en retourne gallomphant.

As-tu tué le Folcaquet ?
Viens dans mes bras, fils rayonnois !
Ô jour exquis ! Hourra ! Hourré !
Fit le vieillard grousgnant de joie.

C’était gril’heure ; les blaizarons soupleux
Vrillaient sur le carbe et gyrotaient.
Tout tristiles allaient les reboiffeux ;
Les vercochons meuglaient et tersiflaient.


Emmeline Fagot
Master 2 TAC 2006/2007
Traduction de « Jabberwocky », Lewis Caroll (1871)

Laïussabirique

Il était platr’heure et les toves mouvisquères
Traversaient la verdhumance et creusivrillaient.
Les perrogoves plumeux avaient l’âme isère
Et les émerauchons égardus porniflaient.

« Prends garde au Laïussabire, mon fils adoré !
À ses crocs aiguisés, ses pinces affûtées !
De l’Oizivore zinzin tu dois t’éloigner
Car son ire, la bête la décrache en fumée. »

C’est alors qu’il brandit sa cisailleuse épée ;
Son rivaléfique longtemps il dut chercher
Et il trouva repos au creux d’un Bobo squet,
Puis se mit à vaguer à ses occupensées.

Le cœur et le mollet tout regonflés, il vit
Le Laïussabire, au regard diabolaid,
Qui traversait souffalant le brouffu boillis,
Semblable à un burbile tout exticulé.

Et une ! Et deux ! Un coup ici, un autre là !
La lame cisailleuse fut froide et funeste
À l’animal dont le bourreau saisit la tête,
Et partit au gallomphe dans les ténébois.

« Tu as donc, dis-tu, le Laïussabire occis ?
Dans mes bras, fils, tu allumines ma journée !
C’est un jour fabhureux ! Callayou ! Callayai ! »
Il gloussait des cris de joie et pleurait de ris.

Il était platr’heure et les toves mouvisquères
Traversaient la verdhumance et creusivrillaient.
Les perrogoves plumeux avaient l’âme isère
Et les émerauchons égardus porniflaient.

Charlotte Huitorel
Master 2 TAC 2006/2007
Traduction de « Jabberwocky », Lewis Caroll (1871).


Le Charabiore.


Dès le coupuscule, les chelettes adriles
Tortillonaient et grisaient la molline;
Les rapeaux étaient tout décharplumés,
Et les chiblards flantaient.

“Mon fils, bien loin du Charabiore fuyez
Ses mâchoires broient, ses griffes vous clouent!
Gare à l’oiseau Ouin-Ouin, et esquivez
L’inquieffant Tournecou.”

Avec en main son épée morticante,
Cherchant l’horrinemi depuis longtemps
Il s’arrêta au pied d’une fougerante,
Et songea un moment.

Soudain, il se rua pour affronter
L’inquieffant Charabiore aux yeux de feu
Qui vocillait à travers les fourrés,
S’avochant peu à peu!

Un! Deux! En tout endroit le Charabiore
Par lame morticante fut trucitroué!
Après sa mort, ne restait que son corps,
Sa tête, glorieux trophée.

“Avez-vous donc occis le Charabiore?
Fils gloriant, venez dans mes bras!
Hourra! Ce jour, le Charabiore est mort!”
Gloussailla-t-il de joie.

Dès le coupuscule, les chelettes adriles
Tortillonaient et grisaient la molline;
Les rapeaux étaient tout décharplumés,
Et les chiblards flantaient.

Marie Ryckebusch.


Le Jargouineur.


Il était dînheure, les visquileux toves
Dans l’herbaloin gyrotaient et vrillaient ;
Flétrimés étaient les borogoves,
Les verchons éloindés gosillaient.

« Ô mon garçon, au Jargouineur prends bien garde !
À ses crocs pointus, à ses griffes acérées ;
À l’oiseau Jujube aussi prends bien garde !
L’ écumieux Bandagrippe tâche d’éviter. »

Son épée vorpale il avait empoignée,
Longtemps il chercha l’ennemi monstrayant ;
Près de l’arbre Tamtam une fois arrivé,
Pour réfléchir il s’arrêta un instant.

Il était perdu dans de gubres pensées,
Lorsque le Jargouineur aux yeux flamboyants
Frustement traversa le bois tourré
Et fératroce, s’approcha en mugissant.

Et chlic ! Et chlac ! Encore et encore, la bête
De sa lame vorpale, il transperça,
Puis le monstre mort, il lui trancha la tête
Et galomphalement chez lui l’emmena.

« Le Jargouineur tu aurais donc terrassé ?
Viens dans mes bras, mon jeune fils ravieux !
Quelle journée splendifique ! Hourra ! Hourré ! »
Au comble du bonheur s’estrouffait le vieux.

Il était dînheure, les visquileux toves
Sur le versempée gyrotaient et vrillaient ;
Flétrimés étaient les borogoves,
Les verchons éloindés gosillaient.