2 SCHEMAS POUR L'EXPLICATION DE TEXTE HISTORIQUE
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Premier schéma proposé :

1) Définition du document:

Il est indispensable de préciser en quelques phrases la nature du document (par exemple: lettre, discours, texte littéraire…) d'en déterminer la date, et, s'il y a lieu, d'en présenter l'auteur. On peut alors aussi, si on le juge utile, faire des observations sur la langue du texte.

 

2) Analyse:

C'est peut-être la partie la plus délicate de l'explication. Il faut exprimer en quelques phrases (l'équivalent de dix lignes environ) l'essentiel de la substance du texte, tout en évitant de tomber dans la simple paraphrase ou de trahir le texte en introduisant trop tôt des commentaires. L'idéal est un résumé précis, court et ordonné logiquement.

3) Contexte historique:

Il faut ensuite évoquer le milieu historique dans lequel le document a pris naissance, préciser les circonstances particulières auxquelles il doit son origine, identifier à cette occasion les lieux et les personnages cités, commenter sa date. Mais il faut absolument hésiter, ici, de remonter jusqu'au déluge, et savoir choisir les quelques éléments spécifiques, datant des quelques années ou quelques mois qui précèdent les documents et qui sont les plus utiles pour le "situer".

 

4) Commentaire proprement dit:

L'écueil est de sombrer dans la dissertation d'ordre général sur la période historique qu'évoque le texte. Il faut au contraire mettre en valeur l'originalité, les caractères du texte, se demander pourquoi il dit certaines choses et non pas d'autres, s'il n'est pas nécessaire de lire entre les lignes. L'on est libre d'étudier le document paragraphe par paragraphe ou, au contraire, de grouper les remarques autour d'un nombre limité de centres d'intérêt.

 

5) Conclusion:

Revenir sur les problèmes de fond que pose le texte, et, si on le peut, indiquer dans quelle direction devraient porter les efforts pour une meilleure compréhension de son sens.

Dégager la place occupée par le texte dans notre connaissance de la période qu'il illustre.

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Deuxième schéma proposé :

Schéma du commentaire

Etapes successives, erreurs à éviter

Travail préliminaire

A.

Lire le texte avec attention, deux ou trois fois afin d'en avoir une vue d'ensemble, d'en élucider le sens général. Peu importe que quelques mots de vocabulaire ne soient pas connus. Il s'agit de se faire une idée globale du document.

Une lecture hâtive, fragmentaire, risque de donner une image faussée ou partielle du texte qui n'est pas perçu dans sa totalité. Ne pas oublier de tourner la page pour être sûr de prendre connaissance du texte entier.

B.

Repérer les termes importants ou difficiles, ceux qu'il faudra expliquer ou retenir comme centres d'intérêt dans le commentaire.

Pour les textes anciens, jusqu'au XVIII ème siècle inclus, attention aux mots dont le sens et les connotations sont datés historiquement et ont changé depuis, par exemple: industry = activité; people = moitié supérieure de la population; commonwealth = res publica.

Une erreur sur ce genre de termes conduit fatalement au contresens.

C.

Résumer le texte en dégageant les idées principales, un paragraphe après l'autre. Repérer aussi les articulations entre les idées, en entourant au besoin les termes de simple liaison et de subordination. La logique du texte devrait se dégager au terme de cette opération, ainsi que les nuances de l'exposé (thèse, antithèse, contrastes, réserves, etc.).

> Une démarche minutieuse évitera d'omettre quelque point fondamental du document.

> Des contresens sanctionnent, fatalement, toute lecture qui ne tiendra pas compte de la structure interne du texte.

D.

Replacer le document dans son contexte: repérer l'auteur, la date et la nature du texte, pour parvenir à porter un jugement: l'auteur est-il partial ou objectif ? Quels événements extérieurs, quelles positions idéologiques sont susceptibles d'éclairer, voire de colorer ou même de déformer son témoignage ? La connaissance du contexte historique, géographique, socio-économique et idéologique joue ici un rôle fondamental pour donner corps au commentaire, expliquer le contenu du texte et fournir une appréciation à son sujet.

L'ignorance du contexte, l'analyse du passage proposé in vitro, sont sanctionnées lourdement:

> paraphrase faute de pouvoir étoffer le commentaire;

> erreurs plus ou moins graves sur la nature et la valeur du témoignage s'il n'est pas replacé dans les circonstances spécifiques où il a été produit;

> fadeur et insipidité au mieux, contresens au pire.

Présentation du commentaire

A.

Lecture de tout ou partie du texte. Veiller à la qualité de l'anglais oral, mais aussi à une présentation intelligente dégageant les points forts, les articulations, les nuances du document.

Une lecture bredouillante, coupée de pauses à contretemps, donne à l'auditeur une impression pénible et fait naître les plus grandes craintes sur la compréhension du passage.

B.

Situer le texte: en rappeler la date, l'auteur, la place dans le contexte de l'œuvre. Préciser s'il s'agit d'une source primaire ou secondaire. Donner tous les renseignements relevant, susceptibles d'éclairer le document et rien qu'eux.

> Eviter une longue biographie de l'auteur, encombrée de détails inutiles.

> Eviter de raconter ou de résumer toute l'œuvre qui précède ou suit le passage à expliquer.

> Supprimer tout développement hors-sujet.

> En évoquant le contexte, résister à la tentation de tout dire.

C.

Présenter un résumé du texte en dégageant la problématique de l'auteur.

Cette opération peut accompagner l'étude du découpage du texte, des développements, des thèmes successifs, qui peuvent coïncider avec les paragraphes, mais pas forcément. Montrer la logique interne du document en soulignant les charnières, les articulations nécessaires entre les idées.

> Ne procéder à aucun commentaire personnel à ce niveau. Laisser la parole à l'auteur.

> Eviter le découpage insipide ponctué des formules: "from… down to", qui laisse l'impression d'une "corvée conventionnelle" face à une mosaïque de fragments mal reliés entre eux.

D.

L'explication proprement dite: répétons-le, il n'existe pas de méthode infaillible, fixée une fois pour toutes et exigée quel que soit le texte. Toute démarche, toute approche, si personnelle soit-elle, est acceptée, à condition d'être de qualité, de rendre compte de tout le contenu du texte, sans rien en occulter, sans rien omettre ni rien déformer.

1) Le running commentary peut s'avérer préférable pour les textes courts, denses, dont les idées se succèdent sans redites, sans retours en arrière. L'explication linéaire permet d'en rendre compte en analysant presque chaque mot, chaque phrase.

Mais il convient alors, en conclusion, de procéder à une synthèse après cette analyse détaillée.

Exercice difficile où il convient d'éviter bien des pièges:

>les redites, pour peu qu'un mot, qu'une idée soient repris en deux ou plusieurs points du texte;

> une présentation touffue par sa densité, sans assez de recul pour dégager les idées directrices: "Les arbres empêchent alors de voir la forêt", une analyse sans synthèse;

> une vision éclatée du texte dont la logique interne profonde s'estompe.

Pour les textes plus longs – le cas le plus fréquent en civilisation – préférer l'étude synthétique, le commentaire composé selon un plan clair qui gagne à être annoncé à l'avance. Le plan peut être choisi pour refléter la logique du texte, et montrer l'enchaînement nécessaire des idées par l'enchaînement nécessaire des parties successives.

Soigner les transitions.

Ne faire de remarques sur le style que dans la mesure où les effets recherchés par l'auteur sont significatifs au niveau de l'explication: répétition de mots clés, mise en valeur d'un terme important dans le raisonnement, etc.

Pour être plus simple que la précédente, cette méthode n'en présente pas moins aussi quelques dangers.

> Le "cadre creux": avec de l'entraînement, on peut apprendre à faire un plan type sur n'importe quel document, un plan que l'on essaie d'appliquer comme une grille sur le texte. Mais se méfier des tiroirs taillés à l'avance dans lesquels on veut faire entrer le texte à tout prix. Il est rare qu'on ne le déforme pas, qu'on ne le mutile pas en procédant de la sorte.

> Le "survol" qui perd le contact avec le texte: on parle alors non du texte, mais à propos de lui. Recette infaillible pour commettre erreurs et omissions, et pour glisser du commentaire à la question de cours.

  

Quelle que soit la méthode employée, deux écueils doivent être évités avec soin:

– la paraphrase qui se contente de dire, dans un anglais de plus ou moins douteuse qualité, ce que l'auteur a dit infiniment mieux. Ce psittacisme est le défaut le plus courant des exercices de ce genre, défaut immanquablement dû à une connaissance insuffisante du contexte, des implications du document, de l'idéologie de l'auteur ou de l'époque, etc.

– Le padding qui consiste à insérer sous n'importe quel prétexte – et à mauvais escient en général – des fragments de cours, de lectures. Autant il est légitime d'utiliser ses connaissances pour enrichir son commentaire, autant il est fastidieux de suivre des considérations – peut-être justes – mais sans lien immédiat avec le sujet. Il fut résister au désir de tout dire, et ne retenir que ce que suggère le texte.

La conclusion joue un triple rôle:

… reprendre, en synthèse, tous les fils directeurs du commentaire;

… "ouvrir la perspective" soit sur le plan chronologique en évoquant les événements postérieurs – et éventuellement consécutifs – au document étudié, soit sur le plan thématique en annonçant, si on la connaît, la suite du texte et du raisonnement;

… porter éventuellement un jugement personnel sur le texte, après avoir observé la plus parfaite objectivité tout au long du commentaire. Seul l'auteur doit parler pendant l'explication. Le commentateur n'est que son interprète.

Eviter de bâcler la conclusion en redisant à la hâte et plus mal ce qui a été dit à loisir et mieux plus haut.

La synthèse doit être constructive, surtout après un commentaire linéaire.

Eviter de repartir dans de nouveaux développements, que ce soit pour combler une lacune antérieure perçue trop tard, ou pour annoncer ce que l'auteur dira plus loin.

Eviter de juger l'auteur et son œuvre sur un ton passionné, polémique, et surtout se garder de lui faire un procès d'intention.

Ce commentaire se fera en anglais.

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http://www.edutemps.fr/extrait/EX2comtex.pdf
extrait de l’ouvrage Le commentaire de texte par l’exemple / éd. A. Kober-Smith…

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http://hypo.ge-dip.etat-ge.ch/www/cliotexte/html/dissertation.historique.html
Début de cette page web sur le commentaire de texte :

1) Repère dans tous les types de textes :
1.1) les termes inconnus, peu clairs (--> dictionnaire).dans les textes narratifs :
1.2) les événements, la succession des faits.
dans les textes d'opinion :
1.3) les constats ou hypothèses; "l'auteur pense que...",
1.4) les arguments,
1.5) les illustrations, les exemples,
1.6) les conclusions.
Ainsi, tu distingues les différentes informations et tu comprends le sens du texte.
2) Défini :
2.1) les thèmes abordés.
2.2) le but exprimé.
2.3) les moyens d'atteindre ce but.
Ainsi, tu distingues l'essentiel en le résumant.
Si tu commentes un texte d'opinion (1.3-1.6) passe au point suivant. Sinon va directement au point 4.
3) Prend position :
3.1) sur les données utilisées. Sont-elles correctes ? Confirment-elles les hypothèses émises ?
3.2) sur les conclusions. Sont-elles conformes aux arguments employés ?
Ainsi tu commences à apprécier la pertinence, la justesse, la qualité des idées de l'auteur.
4) Recherche les enjeux :
4.1) qui s'exprime ?
4.2) à qui s'adresse-t-il ?
4.3) où, quand ?
4.4) quel est le contexte historique ?
4.5) comment ? (quel est le type du document ?)
4.6) pourquoi ? (quel est le but poursuivi ?)

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Analyse de document iconographique :
http://perso.univ-lyon2.fr/~jcseguin/fiches.htm