Little Nemo in Slumberland / W. McKay
07/10/2014

Bibliothèque Angellier

Bandes dessinées et romans graphiques


En introduction à cette page, un essai de définition de "roman graphique" :

        Le fruit de mes recherches à propos de l'origine de l'appellation "roman graphique" donne comme date d'apparition novembre 1964, dans le bulletin de l'Amateur Press Association, sous la plume d'un certain Richard Kyle. L’acception du néologisme a subi quelques modifications au fil des années, et la légende a fini par attribuer la paternité de l'expression à Will Eisner, pape et théoricien des "comics" (avec une définition qui s'établit par opposition aux bandes dessinées). Elle fait aussi d'Art Spiegelman* le premier auteur de roman graphique reconnu comme tel, d'autant plus facilement que la validation du genre "graphic novel" doit beaucoup à l'obtention du Pulitzer Prize Special Award pour Maus en 1992.
        Selon l'éditeur français de Col Blanc : roman graphique, 1940, de Giacomo Patri (auteur de la Grande Dépression, comme Lynd Ward et Otto Nückel)), le graphic novel est un "roman sans paroles, genre initié par l'artiste socialiste belge Frans Masereel (1889-1972), auquel Pattri reprend notamment la technique de la bichromie, la seconde couleur représentant les images mentales du personnage, par opposition au noir, réservé aux scènes réalistes de la narration." Pour Art Spiegelman, "Le roman en images [est] une forme inspirée à l'origine par les films muets...".
        Voilà qui ne nous aide en rien à trouver une définition satisfaisante de la chose en question : pour faire simple, voire simpliste, "roman graphique" s'applique aux bandes dessinées comportant un nombre de pages supérieur à la moyenne (longform comic book). Mais comme, bien sûr, les exceptions sont nombreuses, on essaie d'ajouter d'autres critères, eux aussi bafoués en de multiples occasions, comme le format du volume, plus proche de celui des romans que des bandes dessinées ordinaires : forme et épaisseur semblables à un gros roman.
        Là où nous en sommes, le roman graphique apparaît comme un sous-genre, une sous-catégorie du genre "bandes dessinées" dans une nomenclature des genres littéraires, mais peut-être faut-il en faire une nouvelle forme littéraire qui ne serait autre que l'aboutissement d'un processus de maturation de la BD vulgaris ? Étape suivante : nous sommes amenés tout naturellement à nous pencher non plus sur la forme, mais sur le fond, et le défi consiste à trouver des critères valables permettant de distinguer les romans graphiques de l'ensemble des créations graphiques telles que les proposent les rayons dévolus aux bandes dessinées chez les libraires. Il est alors question de la supposée "qualité supérieure" des romans graphiques, grâce à l'épaisseur psychologique des personnages (par opposition aux super-héros et aux personnages de mangas, par exemple), la subtilité de la narration, la sophistication de l'intrigue, les thèmes "importants" aux yeux des adultes et des adolescents, et aussi le fait que l'ouvrage conserve, malgré la forme graphique, des éléments traditionnels du roman, etc.
        Je ne garderai de tout cela que les deux caractéristiques suivantes, même si elles sont partagées par d’autres BD : le roman graphique ne s'adresse pas au public             En conclusion : une question, suivie d'une citation. L'appellation "roman graphique" est-elle en fin de compte d'une quelconque utilité, si ce n'est pour déculpabiliser les adultes amoureux du 9ème art, mais qui craignent le regard réprobateur d'adultes "sérieux", devant toute littérature graphique ? Réfléchissons à cette (jolie) phrase de Will Eisner : "If a comic is a melody, a graphic novel can be a symphony".

* Extrait d'interview d'Art Spiegelman (2008) : "La bande dessinée est l'art de la compression. Je trouve d'ailleurs assez ironique d'être surnommé le parrain du roman graphique quand mon idéal est une histoire qui tient en quatre cases ou en quatre pages."

A noter, article du New York Times, 5 sept 2007 : "Britain Embraces the Graphic Novel" http://www.nytimes.com/2007/09/05/books/05comi.html

Dans son Alec, The Years Have Pants (A Life-Sized Omnibus), Eddie Campbell se penche sur l'histoire de la bande dessinée et notamment sur l'origine de l'appellation "graphic novel" (Alec Book : How to be an artist, ch. 8, p. 269 - Top Shelf Productions, 2009). "So [Will Eisner] invented it and then it got hijacked by the bullshitters issuing their foolish masquerades as 'graphic novels' so that we'd just as soon go back to calling the real McCoy just 'comics'." Il définit le roman graphique comme le "final great burst expiration of the art in its final phase", cette phase 3 de l'art de la bande dessinée succèdant à la phase 1, celle de la BD des journaux et magazines (1ère partie du 20e siècle), et à la phase 2, l'âge d'or des comics dans les années 40 et 50.

 

 

L'ILE AU TRESOR de Robert Louis Stevenson
BD + Annexe culturelle + CD (Oeuvre intégrale en numérique, version française + anglaise
+ oeuvre intégrale en livre audio). Dessins : Jean-Marie Woehrel.
Ed. Adonis, 2008.
Glénat, 2010.

 

 

 

 

Contenu de cette page
sur les BD

 

- listes de romans graphiques puis d'albums (en anglais, of course)

- remarques sur le Tristram Shandy de Rowson et le King de Ho Che Anderson

- "sitographie"

- justification de l'utilisation pédagogique des BD en classe d'anglais et vocabulaire de la BD
en anglais et en français : textes qui correspondent à des passages non publiés d'articles sur
la BD de langue anglaise dans le n°4, vol 100, de la revue Les Langues Modernes (disponible à la Bibliothèque Angellier).

A noter : le n°2 de 2013 des Langues Modernes a pour dossier "L'image animée", consacré à l'utilisation des dessins animés en classe de langue.

- FRANÇAIS/ANGLAIS et réciproquement : lexique, etc. + supplément : "Lexique comicana" (document en .pdf)

- titres disponibles à la Bibliothèque Angellier

- lien vers la "Bibliographie critique sur les newspaper strips américains" / J.-J. Sadoux, 1992.
+ article "Les États-Unis par ... la bande" de J.-J. Sadoux (analyse de l'éclairage parfois inattendu qu'apportent les newspaper strips sur des faits culturels majeurs constituant la trame intime de l'histoire politique et sociale des Etats-Unis. Important : lien vers l'image illustrant l'article.
+ article "Berry’s World" sur l'auteur américain de BD de Jim Berry et tout particulièrement sur le "strip" consacré à la fête de Thanksgiving, le comparant à une illustration de Norman Rockwell sur le même sujet.

+ articles "A propos de Washington et de Lincoln : la BD Peanuts" de Jean-Jacques Sadoux + "Peanuts et Small town America"

+ article "Exploiting comic strips in class" (J.-J. Sadoux) avec une BD Peanuts

+ fiche pédagogique sur Cathy de Cathy Guisewite (J.-J. Sadoux)

+ fiche pédagogique sur Hagar the Horrible de Dirk Browne (J.-J. Sadoux)

 

 

 

 

- Listes de romans graphiques et de bandes dessinées en anglais, établies à l'occasion de la rédaction de deux articles de la revue Les Langues Modernes, vol.100, n° 4, consacré à la bande dessinée, pour les 100 ans de la revue, fin 2006. APLV, 19 rue de la Glacière, 75013 Paris. http://www.aplv-languesmodernes.org/
Articles : "CDI et 9ème Art en anglais, quelles BD, quels romans graphiques ?" (N. Gabet)
"Apprendre l'anglais avec des bulles" (N. Gabet & J.-F. Brouttier)

 


Listes de ROMANS GRAPHIQUES

I - Liste principale

Auteurs célèbres suivis des titres les plus marquants

BARRY, Linda / One! Hundred! Demons
BECHDEL, Alison / Fun Home + Are You My Mother, a Comic Drama
BROWN, Chester / Louis Riel : portrait de l’indépendantiste Louis Riel, leader charismatique opposé à la domination britannique au Canada et récit d’un épisode de la colonisation de l’Amérique du Nord + I Never Liked You
BURNS, Charles / Big Baby + Black Hole
CLOWES, Daniel / David Boring : anti-héro, adolescent prolongé, individu sans intérêt menant une vie minable (en un mot, boring !), d’une nature obsessionnelle, souvent désespérée, et pourtant cela donne un ouvrage passionnant, tout en finesse psychologique. + Ghost World (adapté au cinéma) + Ice Haven.
CRUMB, R / The Robert Crumb Coffee Table (à ne pas mettre devant des yeux «innocents»)
CRUSE, Howard / Stuck Rubber Baby
DEITCH, Kim / Boulevard of Broken Dreams
DROOKER, Eric / Flood
EISNER, Will / A Contract with God + The Plot : Eisner est mort à 87 ans en 2005, au moment où paraissait The Plot (Norton, et en français : Le Complot, Grasset), l’histoire du protocole des Sages de Sion (faux anti-sémite destiné à faire croire à une conspiration juive internationale). Il créa la série The Spirit, avec son héros détective qui se veut justicier afin de combattre le crime dans le New York des années 40 (et qui reste masqué par refus de la gloire) et ses personnages paumés semblables à ceux des romans et films noirs de la même période. Bien d’autres œuvres d’Eisner sont des témoignages semi-autobiographiques de son humanité, de sa lucidité et de son humour (notamment Big City, qui raconte la vie du « Peuple invisible » -son titre en français – c’est-à-dire, des petites gens, The Invisible People, qui est le titre du volume 5 de la série, et c’est New York sous toutes ses coutures qui se révèle également). A Contract with God (D C Comics = Un contrat avec Dieu,) est peut-être la première bande dessinée considérée comme un graphic novel. On lui doit aussi une adaptation du Moby Dick de Melville.20
GAIMAN, Neil / Sandman: Season of Mists
HERNANDEZ, Gilbert / Palomar
HORNSCHEMIER, Paul / Mother Come Home (Dark Horse = Adieu Maman, Actes Sud) : sensibilité, émotion : triste et beau. Thomas, 7 ans, commence à réfléchir sur les sentiments humains et essaie de comprendre et aider son père.
KATCHOR, Ben / Julius Kniple Real Estate Photographer …
LITTLE, Jason / Shutterbug Follies
LUTES, Jason / Berlin: City of Stone
MAZZUCCHELLI, David + AUSTER, Paul / City of glass: The Graphic Novel ; adaptation du roman de Paul Auster, le roman graphique a gardé de vrais passage de la prose de son auteur. On se demande lequel des deux ouvrages il faut lire en premier si on n’en a lu encore aucun, et les critiques s’accordent pour dire que les deux sont excellents.
MIGNOLA, Mike. Hellboy : Enquêteur paranormal, créé par les nazis en 1944 et en fait par Migola en 1994, Hellboy combat les forces du mal. Personnage bizarre et franchement pas beau et d’une couleur vaguement repoussante, il est adoré par les nombreux lecteurs de la série car on finit par le trouver attendrissant, oui, oui ! Bonne adaptation cinématographique en 2004 par Guillermo Del Toro.
MILLER, Frank / The Dark Knight Returns
MOORE, Alan + CAMPBELL, Eddie / From Hell (adapté au cinéma)
MOORE, Alan / V for Vendetta (décrit comme le « mélange de 1984 et de Batman », portrait plus ou moins déguisé de l’Angleterre fasciste des années 80, réflexion philosophique sur la liberté ; adapté au cinéma, mais Moore ne cautionne pas les adaptations faites à partit de ses graphic novels) + The Watchmen + Swamp Thing + The League of the Extraordinary gentlemen (cinéma aussi)
MORRISON, Grant + McKean Dave / Arkham Asylum
PEKAR, Harvey + BRABNER Joyce + STACK Frank / Our Cancer Year + American Splendour : Pekar est considéré commele père du genre autobiographique au Canada et aux États-Unis.
SETH / Clyde’s Fans, 1 (Drawn and Quarterly = Le commis voyageur, Casterman) : auteur canadien, Seth nous présente l’histoire de deux frères qui possédaient un magasin de ventilateurs (les fans du titre !) à Toronto, et raconte la fin d’une époque qui ne peut que constater mélancoliquement la fermeture des petites entreprises familiales : le premier volume est un long monologue reflétant les états d’âme d’Abraham. Après une telle introduction, le lecteur potentiel est en mesure de se demander ce qu’il peut bien attendre d’un tel scénario, mais sachez que Seth sait rendre son personnage infiniment attachant, et fait de sa vie morne, grise et poussiéreuse comme ce qui l’environne, un sujet passionnant et le plaisir de la lecture est d’autant plus grand qu’il est inattendu : du grand art ! Et de plus, document sociologique et psychologique de premier ordre..+ It's a Good Life, If You don't Weaken (= La vie est belle malgré tout) : Seth ne s’est toujours pas reconcilié avec le monde actuel…
SIMMONDS, Posy / Gemma Bovery : Literary Life ; Tamara Drewe
PAIN / Nightmare Alley
SPIEGELMAN, Art / Maus, vol 1&2 (1980) + In the Shadow of No Towers (Pantheon = A l’ombre des tours mortes, Casterman : 3 ans après les événements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, cet album de taille gigantesque, avec ses pages cartonnée, mélange les vignettes de BD, les photos modifiées à l’ordinateur et les fac-similés d’anciens comics, pour nous faire partager le traumatisme de l’auteur qui était à New York à ce moment précis.
STURM, James / The Golden's Mighty Swing
THOMPSON, Craig / Blankets
TOMINE, Adrian / Summer Blonde + Optic Nerves
TOOKS, Lance / Narcissa
WARE, Chris / Jimmy Corrigan + Quimby the Mouse

II - Liste annexe

BAGGE, Peter / Hate Neat Stuff
BARR, Doma / Can't Nuf Said
BRUBAKER, Ed + ALLRED, Mike / Catwoman: The Dark End of the Street
CHAYKIN, Howard / Empire
COLLINS, Max Allan / Road to Perdition
DELANO, Jamie / Hellblazer
DINI, Paul / Wonder Woman
DIXON, Charles / Robin : Year one
DORAN, Colleen / A Distant Soil, Vol 1
DOUCET, Julie / My New York Diary
GAIMAN, Neil + McKEAN, Dave / The Tragical Comedy or Comical Tragedy of Mr. Punch: A Romance.1995
GROENING, M / Simpsons Comics Royale
HANDERSON, Ho Che / King (graphic biography of Martin Luther King)
HARTMAN, Rachel / Amy Unbounded
JEMAS, Bill / Origin: The True Story of Wolverine
KANE, Gil / Blackmark
KUBERT, Joe / Fax from Sarajevo
LOEB, Jeph / Daredevil Legends
MILLER, Frank + GIBBONS, Dave / Martha Washington Saves the World
MOORE, Terry / Strangers in Paradise
MORRISON, Grant / X-Men + Fantastic Four
NAIFEH, Ted / Courtney Crumrin and the Night Things
RIEBER, John / The Books of Magic: Reckonings7
ROBBINS, Trina / Go Girl
SACCO, Joe / Safe Area Gorazde + The Fixer
SALA, Richard / Maniac Killer Strikes Again
SIM, Dave / High Society + Church and State
SMITH, Jeff / Bone
SMITH, Kevin / Green Arrow
TALBOT, Bryan / The Adventures of Luther Arkwright + The Tale of One Bad Rat
TORRES, J / Alison / Dare, Little Miss Adventures + (pour les grands) Sidekicks
VAN METER, Jan / Hopeless Savages
WATSON, Andi / Breakfast After Noon
WINICK, Judd / Pedro and Me: Friendship, Loss and What I Learned

 

Au passage, incitation à la lecture pour les gens super-hyper cultivés (sinon, une lecture au premier degré toujours possible, mais c'est vraiment trop dommage) : cette petite merveille d'adaptation graphique et chef-d'œuvre d'intertextualité qu'est le Tristram Shandy de Martin Rowson, d'après le classique de la littérature anglaise de Laurence Sterne (publié de 1759 à 1767). Retrouvez : Hogarth, Dürer, Beardsley, Grosz, George Harriman, des parodies de Martin Amis, Raymond Chandler, García Márquez, etc, et appréciez le travail de déconstruction littéraire des "critiques modernes" français transformés en acrobates ("a merry troupe of leaping French deconstructionists"). Le travail de Rowson est dans la même veine que la version cinématographique de Michael Winterbottom, Tristram Shandy: A Cock and Bull Story. Rowson a également adapté le poème The Waste Land (1922) de T.S. Eliot : il en a fait "a hard-boiled detective story", laquelle n'obtint pas grâce auprès de la veuve de T.S. Eliot et du Eliot Estate qui engagèrent des poursuites judiciaires contre Rowson.
Au travers de sa version de The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman, Rowson"revisite" de façon impertinente et très réussie le roman picaresque : imaginez une mise en commun des talents de Marcel Gotlib (ou Robert Crumb) et de Peter Greenaway !
   
       
Et pour qui ose encore prétendre que tous les romans graphiques sont de la sous-littérature, de la culture "populaire" de bas étage, voici une information à méditer :
un article de la Revue de la Société d'Études Anglo-Américaines des XVIIe et XVIIIe siècles intitulé : "La Lettre, L’Esprit et L’Image : Tristram Shandy de Martin Rowson, entre texte(s), contexte(s) et hors-texte(s)" paru en 2006 (vol. 62), s'est penché sur ce roman graphique. Voici le résumé de l'article : La bande dessinée de Martin Rowson (1996) relève plus le défi de la représentation visuelle de Tristram Shandy . Bien plus que la lettre du roman, c’est son esprit qui transparaît dans les planches du caricaturiste. Cet article vise à cerner ce qui constitue cet esprit, et comment Sterne l’auteur se trouve lié à Rowson le graphiste. La connaissance des contextes épistémologiques et esthétiques permet à Rowson de jeter des ponts entre passé et présent, suggérant qu’il ne peut y avoir de hors-texte(s) sans contexte(s).
(Cet article reprend le texte d'une conférence du Congrès de la Société des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur, Université de Toulouse-Le-Mirail, mai 2005, © RSÉAAXVII-XVIII)
   
       

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L'album consacré à Martin Luther King, de Ho Che Anderson, est un bel hommage à la mémoire du peuple Noir que peuvent découvrir les élèves à travers ce portrait, dont la puissance dramatique est renforcée par des commentaires de témoins semblables à un chœur antique, un graphisme expressionniste, tout en ombres et lumière, une accumulation de dessins, peintures, collages et photographies. Permet de faire comprendre l’ignominie des lois ségrégationnistes des années 50, la politique intérieure américaine tumultueuse, le Civil Rights Movement, les excès des extrémistes des deux bords, le racisme et l’exclusion.
Si le nom de l’auteur vous interpelle, sachez que Ho Chi Minh et Che Guevara y sont pour quelque chose. Ho Che Anderson, né à Londres, vit actuellement au Canada, où il est également reporter pour le Toronto Star. C’est ainsi qu’il a interviewé Chester Brown, auteur du roman graphique Louis Riel, biographie d’un des leaders de la révolution des métis au Canada, vers la fin du 19ème siècle. Cet œuvre graphique pourrait aussi être utilisée dans le cadre des programmes qui préconisent l’étude des Indiens au Canada, dans la rubrique Conflits, Types de solution. À noter, autres biographies illustrées de Martin Luther King (pour lecteurs plus jeunes) : en anglais, Martin Luther King, de Dieter & David Beauchard, dans le mensuel I Love English, n°50-51, Bayard, 1992, et en français, avec le volume 14 des Chercheurs de Dieu, collectif, Bayard + une adresse Internet utile pour de nombreuses informations sur King lui-même mais aussi, notamment, sur le Martin Luther King Day, sur d’autres leaders Noirs, les civil rights, etc. : http://www.infoplease.com/spot/mlkjrday1.html

 

LISTES des BANDES DESSINEES par titres d’albums ou de séries

1- Ceux que je conseille en priorité :

Andy Capp / Reg SMYTHE
Calvin & Hobbes / Bill WATTERSON (nombreuses éditions en anglais et en français) : Insupportable gamin de six ans, Calvin vit beaucoup plus en rêve que dans la réalité et celle-ci, une fois fantasmée, lui permet de voir Hobbes, son tigre en peluche comme un animal vivant. C’est notamment son institutrice qui subit la même métamorphose et se transforme en monstre préhistorique dans les vignettes, avant de reprendre sa forme réelle (qui présente moult analogies avec le monstre en question) lorsque Calvin doit revenir à la réalité, ce qui garantit un certain succès auprès des élèves lorsque ces passages des aventures de Calvin leur sont présentés. Bill Watterson a remporté de nombreux prix mais a arrêté la série au bout de 10 ans, en 1995, avec plus de 30 millions d’albums vendus et des traductions dans une quarantaine de langues. Humour et finesse assurent son succès aussi bien auprès des jeunes lecteurs que des adultes.
The Boondocks / Aaron McGRUDER : le volume intitulé A Right to be Hostile (Three Rivers Press, et Dargaud en français) contient une préface de Michael Moore, dans laquelle il dit s’être demandé, à la lecture d’un strip des Boondocks comment il était possible qu’un journal ose imprimer ce comics - ce qui donne déjà une idée du côté subversif de la BD. Huey et Riley, jeunes afro-américains, ont quitté Chicago et sa violence pour un quartier ennuyeux (« Boondocks »), une banlieue middle class, pour qui, a priori, le Blanc est l’ennemi. S’ensuit une peinture audacieuse et controversée de cette société dans laquelle se confrontent (au mieux) les cultures. McGruder, lui-même afro-américain, né en 1974, ne connaît que trop bien la vie des adolescents de leur famille, les difficultés des relations Noirs-Blancs, même dans le milieu petit-bourgeois, et il a réussi à se faire publier dans plus de 250 journaux aux Etats-Unis, tout en étant censuré ailleurs (il a été jusqu’à critiquer le Patriot Act et l’administration Bush !), et une version en film d’animation devrait voir bientôt le jour. Succès garanti auprès des élèves, surtout les amateurs de hip-hop (dont McGruber lui-même se dit friand).
Dilbert / Scott ADAMS
Doonesbury / G. B. TRUDEAU
Ethel and Ernest / Raymond BRIGGS (J. Cape ; Grasset en français) : ce titre, avec le volume 3 de Little Nemo, apparaît dans la rubrique Bandes dessinées de la liste officielle 2004 des « ouvrages de littérature en cycle 3 », pour la « maîtrise du langage et de la langue française » (!), liste fournie aux professeurs des écoles par la Direction de l’Enseignement scolaire. Briggs nous fait découvrir, avec humour, pudeur et émotion, la vie simple et modeste de ses parents, démunis devant les changements qui les dépassent, et nous donne une image de la société anglaise depuis l’avant-guerre, puis pendant, avec le blitz londonien, jusqu’au début des années 70. Et avec When the Wind Blows, satire anti-militariste, il nous livre une fable anti-nucléaire (adaptation au théâtre et en film d’animation).
Garfield / Jim DAVIS
Little Nemo in Slumberland / Windsor McKAY (Fantagraphics Books ; Zenda en français) : les strips légendaires datent de 1905 à 1913 (!), ont été adaptés en dessin animé en 1992 (au Japon). Les histoires, drôles, inventives et poétiques, racontent toujours la même lutte du petit Nemo (quel âge ? les évaluations vont de 6 à 12 ans), qui, dès qu’il s’endort dans son lit, rêve qu’il est à Slumberland, et ne se réveille que dans la dernière case. Il doit toujours lutter contre des ennemis, dont Flip, qui est en fait le mauvais génie ou la mauvaise conscience du héros et sauver le Royaume des Songes qu’il a lui-même mis en danger. Ce n’est pas la vie qui lui donne des leçons, mais ses aventures fantasmagoriques.
Peanuts / Charles M. SCHULZ
Simpsons / Matt GROENING
Spiderman / Stan LEE
The Far Side / Gary LARSON
Wizard of Id / Johnny HART
What, Me Pregnant?/ Lynn JOHNSTON
Zits / Jerry SCOTT & Jim BORGMAN (Andrews McMeel, nombreux volumes, en français éd. Long John Silver, par ex. Zits : C'est à moi que tu parles ?) : Jeremy Duncan traverse une crise existentielle comme il se doit : il a 15 ans, des parents qui ne comprennent rien à rien - et pourtant ce n’est pas faute d’essayer-, un frère qui est brillant étudiant, le désir de faire carrière comme musicien de rock, la panoplie complète de l’adolescent qui se demande où est le sens de la vie qui est source d’ennui malgré l’existence de sa guitare et sa girlfriend Sara. Faut-il y voir un Calvin qui aurait grandi et aurait perdu Hobbes en route, malheureusement pour lui ?

2- Autres titres connus et intéressants :


Li’l Abner / Al Capp : l’un des auteurs favoris des années 30 à 50, considéré comme l’un des rois de la satire sociale au même titre que Mark Twain : personnages hillbillies et autres freaks, atmosphère glauque d’après la Grande Dépression, misanthropie et humour.
Amazing Spider-Man / Stan LEE
Apartment 3-G / Franck BOLLE
Baby Blues / Jerry SCOTT
Barney Google and Snuffy Smith / Billy DEBECK : société américaine des années 30 et 40, image du hillbilly, le demi-civilisé, le péquenot qui vit dans les montagnes (en général au Sud des Etats-Unis) (cf. aussi Al Capp). Clinton fut parfois épinglé par la presse comme étant hillbilly.
B.C. / Johnny HART
Beetle Bailey / Mort WALKER
The Better Half / Randy GLASBERGEN
Between Friends / Sandra BELL-LUNDY
Bizarro / Dan PIRARO
Blondie / Dean YOUNG
Buckles / David GILBERT
Crankshaft / Tom BATIUK
Crock / Bill RECHIN, Don WILDER, Brant PARKER
Curtis / Ray BILLINGSLEY
Dennis the Menace / Hank KETCHAM
Edge City / Terry LABAN
The Family Circus / Bil KEANE
Flash Gordon / Alex RAYMOND
Franklin Fibbs / Hollis BROWN
Funky Winkerbean / Tom BATIUK
Grin and Bear It / George LICHTENSTEIN
Hagar the Horrible / Dik BROWNE
Hazel / Ted KEY
Henry / Carl ANDERSON
Hi and Lois / Mort WALKER
Judge Parker / Nicholas P.DALLIS
Katzenjammer Kids / Rudolph DIRKS
A Lawyer, A Doctor and A Cop / Kieran MEEHAN
The Lockhorns / Bill and Bunny HOEST
Mallard Filmore / Bruce TINSLEY
Mandrake the Magician / Lee FALK
Mark Trail / Ed DODD
Marvin / Tom ARMSTRONG
Mary Worth / Martha ORR
Moose and Molly / Bob WEBER
Mother Goose and Grimm / Mike PETERS (traduction française sous le titre de Grimmy).
Mutts / Patrick MCDONNELL
On the Fast Track / Rose TRELLIS
Pardon My Planet / Vic LEE
The Phantom / Lee FALK
Piranha Club / Bud GRACE
Pogo / Walt KELLY
Popeye / Elzie SEGAR
Prince Valiant / Hal FOSTER
Redeye / Gordon BESS
Retail / Norm FEUTI
Rex Morgan, M.D. / Nicholas P.DALLIS
Rhymes with Orange / Hilary PRICE
Robocop / Frank MILLER
Safe Heavens
/ Bil HOLBROOK
Sally Forth / Greg HOWARD
Sam and Silo / Jerry DUMAS
Sherman's Lagoon / TOOMEY
Six Chix / (plusieurs auteurs)
Slylock Fox and Comics for Kids / Bob WEBER
Tales from the Crypt
They'll Do It Every Time / Jimmy HATLO
Tiger / Bud BLAKE
Tina's Groove / Rina PICCOLO
Todd the Dinosaur / Patrick ROBERTS
Triple Take / Todd CLARK
Tumbleweeds / Tom K.RYAN
Zippy the Pinhead / Bill GRIFFITH

+ Bugs Bunny, Tom & Jerry, Woody Woodpecker, Wallace & Gromit, sortis de leurs dessins animés pour venir habiter des BD.

+ Great Expectations, adaptation du roman de Charles Dickens, par Rick Geary (Classics illustrated, Berkley/First Publishing)

 

SITOGRAPHIE

http://www.fremok.org/ : site des éditions Frémok, divers textes théoriques très pointus.
http://www.du9.org/chronique/critix-no5/ : site de la revue CRITIX.
http://scottmccloud.com/ : site de l'auteur de "Understanding comics" et "Reinventing comics", Scott Mc Cloud.
http://www.editionsdelan2.com/groensteen/ : site de Thierry Groensteen.
http://theadamantine.free.fr/ : le site du critique Harry Morgan, plusieurs textes théoriques et polémiques, une bibliographie plus étendue sur les ouvrages consacrés à la BD ("Le petit critique illustré").
http://www.tcj.com/
http://gciment.free.fr/bd/index : le site du critique Gilles Ciment.

http://pourpre.com/chroma/ : La couleur dans tous ses états.

http://www.hoboes.com/Comics/Creators/Closure/
http://www.hoboes.com/Comics/Creators/
http://www.hoboes.com/Comics/Scholarship/
http://www.du9.org/

Dossier de presse fait pour l'exposition intitulée De Superman au Chat du rabbin 17 octobre 2007-27 janvier 2008, au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (71 rue du Temple, 75003 Paris). Théo Klein, président ; Laurence Sigal, directrice ; Corinne Bacharach, responsable de la communication et de l’auditorium ; Sandrine Adass, attachée de presse. En partenariat avec France Culture et Les Inrockuptibles, avec le soutien du Festival international de la Bande dessinée d’Angoulême, exposition co-produite par le MAHJ et le Joods Historisch Museum.

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UTILISATION PÉDAGOGIQUE DE LA BANDE DESSINÉE

Extraits non publiés d'un article paru dans le vol.100, n°4 de la revue Les Langues Modernes (éditée par l'APLV, Association des Professeurs de Langues Vivantes) :

REMARQUEs SUR LE VOCABULAIRE pour l'usage de BDs en classe d'anglais

Il est possible d'utiliser en classe des albums, ou des strips (= comic strips) de la bande dessinée de presse ou "séries d’images" (il s’agit d’une seule bande de vignettes, quotidienne ou dominicale, constituée de trois ou quatre cases, parfois appelée "bandeau", avec la chute – punch line – de la dernière case ; le mot cartoon, en fonction de son contenu, se traduit par "dessin humoristique" ou "dessin de presse" ou encore, "caricature", lesquels peuvent être réunis en recueils disponibles en librairie – le terme cartoon s’emploie aussi, comme chacun sait, pour certains dessins animés. Ne pas se tromper d'appellation en anglais pour les dessins quotidiens dans les journaux : ce sont des "strips" quand il s'agit (la plupart du temps) de la bande de dessins divisée en plusieurs cases et fonctionnant en continuité, comme Peanuts, tandis que le dessin unique tel que dans le cas de Dennis the Menace est un "panel".
L’expression comic strip(s) est ambiguë car elle se rapporte à la fois à la BD de presse ou cartoons, strip comics, strip cartoons, et à la BD comme moyen d’expression. Elle a également pour synomyme comic(s) – les Britanniques préfèrent le mot au singulier – , alors que comic books correspond au contenant, c’est-à-dire à l’album ou au livre. C’était à l’origine des fascicules à la couverture souple, mêlant publicités et bandes illustrées, souvent mensuels, et non des albums reliés qui correspondent à des séries (un ensemble d’épisodes), les serials, ou bien des histoires autonomes, les one-shots. Quant au sens acquis récemment par graphic novel, il renvoie aux volumes ayant le format d’un livre et au contenu sérieux plutôt que léger, comme le From Hell d’A. Moore. Les albums n’ont pas toujours un seul auteur (le cartoonist), car ce peut être un dessinateur – ou illustrateur – associé à un scénariste (illustrator & writer). Autres remarques sur le vocabulaire : l’album consiste en un recueil de planches, une planche occupant un page, et dans le cas du dessin qui chevauche deux pages contigües, c’est une splash page ; le "récitatif" est le panneau qui commente une image (comme la voix off au cinéma), et l’"appendice" le dessin qui souvent relie la bulle (ou ballon, ou encore phylactère) à la bouche du personnage, bulle qui ne sera pas forcément ronde ou ovale, mais aussi rectangulaire ou carrée, ou en forme de nuage, etc. !

Reste la question de l’orthographe de cette appellation parfois donnée aux dessins de BD : "petits mickeys" ou "petits miquets" . Selon Jean-Paul Gabilliet, auteur de l’étude Des comics et des hommes, histoire culturelle des comic books aux États-Unis, c’est l’historien français Pascal Oury qui, le premier, a utilisé la graphie "miquet"», peut-être ironiquement, ce qui permet de conserver le son de cette expression utilisée d’abord uniquement oralement, sans induire l’ambiguïté – historiquement inexacte de surcroît – qui sous-entendrait que seul Mickey est à l’origine des revues de bandes dessinées.

VOIR aussi, plus bas, d'autres informations sur le vocabulaire en anglais du monde de la bande dessinée.


POURQUOI et COMMENT utiliser la BD en classe d'anglais ?

D'une façon générale, l'enseignement d'une langue étrangère en classe représente en soi un défi, quel que soit le niveau scolaire des apprenants. Le côté artificiel de l'usage de la langue étrangère pour faire cours, comme s'il s'agissait du bain langagier grâce auquel un enfant s'imprègne de sa langue maternelle, ne fait pas illusion. En effet, l'effort est intense pour passer des cours précédents, qui sont en langue française, au cours en langue étrangère qui leur succède, et ce, en dépit des diverses pratiques pédagogiques qui cherchent à faciliter les apprentissages. Ces pratiques veulent faire croire à la possibilité d’un tel déclic mental automatique vers la langue cible – et pour un peu, la langue maternelle serait perçue comme un obstacle à un bon apprentissage de la langue étrangère ! Il faut avouer que les dites pratiques varient beaucoup au fil du temps, en fonction des instructions, des programmes et des projets éducatifs à la mode. A partir de ce constat, prouvons aux non-bédéphiles le bien-fondé de l'exploitation de bandes dessinées comme support pédagogique, un parmi tant d’autres, support qui permet d'agrémenter un cours, tout en se mettant au service des objectifs fixés.
Et pour preuve de ce bien-fondé, nous citerons Tremplin collège : Anglais, publication pédagogique (Hatier) qui propose pour chaque manuel des classes de collège « une vraie BD en anglais », inédite, et se présente comme un « outil complet pour maîtriser tout le programme de grammaire » ; bien sûr, tout est préparé, exercices, jeux, corrigés et CD d’accompagnement, ce qui emporte l’adhésion de l’enseignant, mais l’amateur de BD reste réticent devant un ouvrage de ce genre. Est-il alors plus pertinent d’avoir recours, pour illustrer une méthode de langue, à un dessinateur de BD professionnel, comme dans le cas du manuel Apprendre l’anglais par la bande dessinée ? Nous avons là, en un peu plus de 250 dessins, l’histoire de M. Dupont qui se rend en Angleterre. Bien sûr, Joseph Gillain, dit Jigé, dessinateur renommé, fait preuve d’un talent graphique indiscutable. Mais qu’en est-il, dans un ouvrage de ce genre, de l’authenticité de l’anglais parlé et de la dimension socio-culturelle, sans oublier l’habituelle cerise sur le gâteau : leur valeur en tant que « vraie » bande dessinée dont l’importance esthétique et narrative est attestée par les connaisseurs du genre ?
Ay, there's the rub, comme aurait dit Shakespeare, car se posera toujours la question de la valeur artistique et culturelle du médium BD : pour ses détracteurs, tout manuel ou toute méthode avec illustrations reste préférable à une bande dessinée. C’est ainsi qu’une amie documentaliste en Angleterre m'a rapporté que les lycéens de la Grammar School où elle officie s'étaient fait réprimander par une enseignante (leur équivalent du professeur de français chez nous) lorsque celle-ci s'était aperçue de leur propension à considérer la bande dessinée comme une « lecture ». Elle leur a, en conséquence, administré cette fin de non recevoir : « It's not a proper book! ». Et c’est donc de ce qui n'est peut-être pas un « vrai » livre, ni un « bon » livre, ni conforme ou convenable intellectuellement, ni culturellement sérieux, qu’il va être question maintenant, avec la description d’une série d’exploitations intéressantes de l’utilisation de BD en cours de langue !
Apporter de l’aide dans l'effort d'apprentissage ne dévalorise pas l'effort lui-même, et point n'est besoin d'être amateur de BD, ni expert en technique d'art graphique pour se lancer. Il s'agit de réveiller l'intérêt de l'apprenant, de mettre en appétit lorsque la motivation est faible, principalement devant certains côtés ardus, voire rébarbatifs, du travail sur la langue-cible, comme, notamment, face à « ces deux gouffres culturels qui séparent profs et élèves, [et] attisent les malentendus : le vocabulaire et la grammaire » . Le contenu des bulles fournit idiomes et tournures du langage parlé ainsi que de celui qui est « pensé » et qui traduit – et/ou trahit – le for intérieur des personnages. Ironiquement, le reproche qui est souvent fait aux bandes dessinées, c’est-à-dire la substitution de l’expression orale au langage écrit, justifie ici leur existence et leur utilisation, et peut même devenir un sujet de réflexion supplémentaire : quelle différence de fonctionnement y a-t-il entre la langue parlée et la langue écrite ?

Des exploitations diverses de bande dessinée sont possibles en classe de langue. Cela suppose chez l’enseignant la sollicitation de son inventivité afin de renouveler les techniques didactiques et implique une propension certaine au stakhanovisme dans le cadre de son enseignement !

Le rapport ludique au travail, pas plus que l’usage de l'humour, n'enlève en quoi que ce soit, le sérieux de ce qui est fait en classe, et certains enseignants introduisent – pour justifier leur utilisation d’un tel support, diront les malveillants – des connaissances culturelles, historiques, sociologiques, extraites du contenu de la bande dessinée (le « fond ») et artistiques (la « forme », c'est-à-dire la technique de l'art graphique, ce qu’on appelle la « grammaire » du genre).
Remarquons également, à ce sujet, que la réflexion qui, dans notre contexte, s’applique aux bandes dessinées, est également valable pour l’exploitation d’extraits de films. Dans l’éditorial du numéro des Langues Modernes qui consacre son dossier au sujet « Cinéma et télévision », M.-S. Rodriguez constate que « ces matériaux peuvent aussi se voir réduits à une unique finalité : offrir des modèles dialogiques authentiques, réutilisables par les élèves » (n°2, 2004). Mais si l’on veut dépasser la conception du cours d’anglais comme fondé uniquement sur l’anglais dit de communication internationale (voir le rapport de la Commission du débat national sur l’avenir de l’école, p. 16), on peut utiliser des BD pour un apprentissage interculturel, lorsque par exemple transparaissent au détour du récit des différences de société et de culture, si on les compare aux nôtres.
Le numéro hors-série du Bulletin Officiel d’août 2005, consacré aux programmes des langues vivantes étrangères au collège, offre une rubrique dite des « Contenus culturels », laquelle tend, avec la phrase suivante, vers un optimisme de bon aloi : « Au-delà de la simple acquisition de connaissances, l’arrière-plan culturel éveille chez l’élève le désir de comprendre et de s’exprimer en anglais ». De quel « arrière-plan culturel » s’agit-t-il ? La culture populaire, dite encore « ordinaire » ou « de masse », est-elle concernée ? Quant à la culture « supérieure », ou « noble », ou « cultivée », celle qui est souvent taxée d’élitisme, a-t-elle la moindre chance d’interpeller les élèves, eux qui, en 2006, aiment s’insulter dans les cours d’école, en utilisant « intello » comme injure, peut-être pour mieux neutraliser un sentiment d’inconfort, voire de rejet apparent, en tout cas d’infériorité, face à la culture savante ?

On peut aussi s’interroger sur la nature de cet anglais oral mis à notre disposition dans les bandes dessinées : est-ce celui des « éduqués » ou celui des locuteurs transgressant la Norme ? Celui des adultes ou des adolescents ? Un anglais d’aujourd’hui ou d’hier ? Américain, canadien, britannique ? Tout en gardant à l’esprit que l’anglais enseigné reste un anglais standard (il y aurait beaucoup à dire sur cette notion), il faudra identifier les diversités, les particularismes dus aux contextes culturels, socio-historiques, géographiques, et établir des comparaisons entre les langues, en continuité avec ce qui est censé avoir été fait précédemment à l’école primaire, dans le cadre des activités d’éveil aux langues. Ceci rendra évident ce qui, dans la grammaire et le vocabulaire de la langue maternelle, a été intériorisé de façon inconsciente pendant l’enfance, et, en conséquence, relève du subjectif et donc de l’arbitraire, et ne représente pas une norme ou une logique plus valable que celle de la langue cible – ainsi que de la culture cible. Cette prise de conscience, parfois difficile, de la « différence », de la variation socio-linguistique, s’applique également aux modes de vie ou aux traditions, et doit aider l’élève dans son apprentissage entravé par l’ethnocentrisme, l’égocentrisme linguistique et culturel. Dans le cas inverse de situations où il peut cette fois se reconnaître (dans l’imagination débridée de Calvin, ou les difficultés existentielles de David Boring et des héroïnes de Ghost World, ou encore, pourquoi pas, dans le laisser-aller de la famille Simpson), le rapprochement, la similitude de comportement, peuvent créer un ancrage favorable à l’intérêt du « petit » Français pour la langue anglaise.

Dand l'article consacré à l'exploitation pédagogique des BD en classes d'anglais du n°4, vol. 100, des Langues Modernes, il est question d'exercices consistant à photocopier des pages d'album, cacher les textes des bulles, et faire trouver le texte possible (en anglais) aux élèves, ou mettre les dessins dans le désordre pour retrouver le fil de l'histoire. Comme c'est le genre de travail qui se pratique à l'école primaire (en français, of course), lors de l’apprentissage de la lecture en Cours Préparatoire, cela implique qu'un professeur de lycée doit être capable d’assumer l’idée d’un semblant de régression infantile dans sa pratique pédagogique. Seules les âmes fortes seront capables de supporter un tel rapprochement.
Il est aussi question d'acquisittions de connaissances infiniment plus complexes :
dans un article intitulé « Examining Transcendentalism through Popular Culture », Sharon Webster propose un cours en ligne sur le transcendentalisme :
Using excerpts from the works of Ralph Waldo Emerson and Henry David Thoreau, comics, and songs from different musical genres, students examine the characteristics of transcendentalism. […] The success of this lesson lies in the students’ recognition that transcendentalism is not an archaic philosophy, but one that can be found in the various texts they see, hear, and read every day.
Et dans les comics proposés, l’auteur cite Calvin & Hobbes en donnant l’adresse du Calvin & Hobbes Web Site : http://www.gocomics.com/calvinandhobbes/.

Voulez-vous initier vos élèves au pentamètre iambique ? Dans ce cas, improbable mais d’autant plus méritant, lisez donc l’article « The vendetta behind V for Vendetta » de Dave Itzkoff, dans l’édition du 12 mars 2006 du New York Times, repris dans le n° 501 de Vocable. Cet article a été écrit à l’occasion de la sortie du film adapté du roman graphique d’Alan Moore ; Itzkoff souligne la sensibilité littéraire de l’auteur, et le style surprenant de V for Vendetta : « literary allusions and wordplay are prominent in the chapter titles and in V’s speech (which almost always takes the form of iambic pentameter, a poetic meter reliant on five pairs of syllables, the second syllable of each pair being more stressed than the first) ».

Et en passant, une question destinée aux amoureux du 9ème Art (c’est aussi une – gentille – provocation de notre part envers les réfractaires et les dédaigneux de l’exploitation de la BD en classe) : pourquoi ne pas inverser la réflexion et considérer qu'il est dévalorisant, voire humiliant, de vouloir transformer des extraits d'albums en simples appâts destinés à faire passer des notions ingrates de l'enseignement des langues, et s'insurger contre une telle liberté prise avec cette littérature parallèle ?

 

BD et enseignement, passé, présent, avenir

Un professeur d’anglais en lycée, Jean-Jacques Sadoux, a écrit deux articles dans Les Langues Modernes sur l’utilisation de la BD en classe d’anglais, l’un en 1980 et l’autre en 1987. Dans le premier, il déplore le mépris témoigné précédemment par un collègue, dans cette même revue, pour cette forme d’expression, alors que lui-même en prône l’utilisation avec enthousiasme « pour ne s’en tenir qu’aux Etats-Unis, un Schulz (Peanuts), un Chic Young (Blondie) ou un Johnny Hart (B.C. ; Wizard of Id), nous apprennent autant sur leur pays qu’un Whitman, un Dos Passos ou un Steinbeck ».
Son but avoué est d’arriver à parler en classe des grands thèmes de l’imaginaire américain, de ses mythes, de ses idéologies, et à faire découvrir les traits de cette « autre » civilisation, et cela « par la bande », comme l’indique le jeu de mot du titre de l’article écrit en 1987 : « La ville…par la bande »9. Il s’agissait, en effet, de présenter l’utilisation en classe de la bande dessinée, et le côté à la fois original et « indirect » de cette approche pédagogique.
Vingt ans après, interrogeons-nous à la lecture de ces articles : comment, à l’époque, ont-ils été reçus ? Que s’est-il passé depuis et où en sommes-nous aujourd’hui ?
En 1987, Jean-Jacques Sadoux se réjouissait de ce que la récente réforme de l’oral du baccalauréat accordât un certain statut au document iconographique, et par là même, aux comic pages des journaux, ces derniers permettant « d’appréhender rapidement – et avec l’authenticité d’un document de première main – certains faits de civilisation […] à aborder en cours ». Par contre, il ne s’attendait pas à la levée de boucliers provoquée par ses articles. En effet, un bon nombre d’échos furent défavorables, voire hostiles, et considéraient son approche comme une dérive populiste, vulgaire, quasi scandaleuse, poussant à la paresse et à l’illettrisme, menant à un appauvrissement culturel. Il reçut peu de soutiens, si ce n’est celui d’une inspectrice, certainement impressionnée par son enthousiasme, et qui exprima un vif intérêt pour son travail concernant l’apport de la BD dans l’apprentissage de l’anglais.
Les réactions critiques étaient-elles davantage dues aux difficultés inhérentes à tout travail d’analyse des éléments culturels, sociologiques et historiques à partir des planches de bande dessinée – sans parler du délicat travail de décodage des images – plutôt qu’au rejet de ces documents, parce que, au mieux, ils ne ressemblent en rien à un « proper book » et, au pire, ils sont subversifs ? Cela semble rejoindre le mépris largement répandu pour l’art dit « populaire », et de ce fait présente une certaine analogie avec cette accusation de corruption de la jeunesse qui fut un temps formulée aux Etats-Unis à l’encontre du rock’n roll et de la BD10. En fin de carrière, Jean-Jacques Sadoux a eu le plaisir d’avoir pour sujet d’enseignement, dans une université, la culture populaire américaine, à savoir le jazz, le cinéma et, bien sûr, la bande dessinée. Allons-nous enfin vers une reconnaissance académique de ces arts, dont on peut se demander si les bédéphiles purs et durs la souhaitent vraiment ?
Dans l’histoire de l’enseignement, cette ouverture au « culturel », qu’il soit populaire ou non, n’a pas toujours été aussi évidente qu’on pourrait l’espérer : à certains moments, les directives officielles ont eu tendance à l’évacuation du culturel dans l’apprentissage des langues au bénéfice des pratiques communicatives pures, basées sur une méthode presque exclusivement active : la langue étant un outil de communication, on se permettait d’envisager l’élève avant tout comme le voyageur potentiel qu’il représentait, soit comme touriste, soit comme homme d’affaires, pour qui les « référents culturels » ne seraient d’aucune utilité ! Peut-être était-ce également dû à l’état d’esprit d’une grande partie des enseignants – manque d’intérêt pour la question ou autres intérêts, ou découragement dû à l’inculture ambiante ?11 Il y eut un notable retour en fanfare du culturel grâce aux travaux du Conseil de l’Europe à la fin des années 90.
En parallèle, on constate qu’innovation n’est pas forcément synonyme d’efficacité, à tout le moins immédiate, et on assiste généralement à un déclin périodique des grandes illusions concernant les approches innovantes, telles que l’utilisation en classe de la vidéo, de l’informatique – le plan « Informatique pour tous » avait dans la plupart des cas abouti à un échec – ou de la BD comme outils pédagogiques. Dans le même ordre d’idées, par exemple, que reste-t-il des certitudes que d’aucuns eurent dès les années 90, sur cette nouvelle façon de rédiger et d’apprendre grâce aux nouveaux schémas cognitifs mis en œuvre par l'hypertexte, inventé par des Américains pour se déplacer dans le World Wide Web ? L’enseignement était censé connaître une mutation, voire une révolution sans précédent, en s’appuyant sur cette navigation dynamique dans les documents, et en rejetant à tout jamais les notions périmées de linéarité et de hiérarchisation des informations. Aujourd’hui, le conformisme des présentations est nettement plus présent dans les productions en ligne des enseignants, quand elles existent, que l’élasticité des hypermédias.
Faut-il attribuer cet échec – relatif ? provisoire ou définitif ? – à l’esprit cartésien qui règne en France, et se trouve à l’opposé des pratiques pédagogiques américaines, pratiques fort perturbantes et en butte à une incompréhension inquiète lorsqu’elles sont appliquées chez nous ? En effet, celles-ci sont portées en général sur la « navigation dynamique » telle qu’elle apparaît dans l’hypertexte, qui essaie de copier le fonctionnement associatif de la mémoire et de la pensée, tandis que les schémas tripartites, ou à l’arborescence désespérément hiérarchisée, sont encore largement requis, et même encensés, dans nos enseignements12. Cette interrogation nous pousse à imaginer une comparaison, que vous ne nous pardonnerez peut-être jamais, entre les personnalités des peuples français et américains (cartésienne pour les premiers, et moins hiérarchisante pour les seconds) sous forme de rapprochement entre les figures de nos plus célèbres super-héros de BD respectifs, à savoir Astérix d’un côté, ce Gaulois aux pieds bien sur terre, qui se transforme en surhomme grâce à une potion druidique, et Superman, de l’autre, aux exploits délirants, qui défient l’imagination et les lois de la pesanteur ?
Comme nous vivons probablement une de ces multiples périodes charnières qui jalonnent l’histoire des apprentissages, – cette charnière-ci étant liée aux progrès des technologies modernes de l’information et de la communication –, nous verrons certainement les esprits renoncer à faire de la défense des traditions leur cheval de bataille, mais au contraire s’ouvrir de plus en plus vite à une pédagogie non classique, gagnant en souplesse et intégrant une touche de fantaisie, susceptible de contrer « l’inappétence des élèves » et « d’attiser la curiosité des jeunes », pour reprendre les termes utilisés dans Des langues bien vivantes, du site ÉduSCOL. Arrivera le temps où les bandes dessinées et autres romans graphiques seront des supports de cours incontournables et tout ce qu’il y a de conformistes !

extr. de : Gemma Bovery de Posy Simmonds

 

Avant d'aborder le lexique, je livre à votre réflexion ce contenu d'une bulle de BD :

This book will be a compilation of what we in the business refer to as "filler" strips,
or "bullshit" strips, or "slap the first stupid idea you have downs on the page
because it really, truly doesn't matter to anyone at all" strips.

Décidément, l'humour des auteurs de BD ne cessera jamais de me réjouir !

Réfléchir (pas trop longuement) à cette définition de la BD : "littérature figurative à narration icôno-discursive séquencée".

 

LEXIQUE

Termes de cinéma, narratologie, etc., liste suivie du vocabulaire des "éléments constitutifs d'une BD"
Courage, car c'est parfois un peu tiré par les cheveux !!


MIMETISME : imitation, répétition, reproduction rigoureuse (du réel).
ONOMATOPEE : Mot dont la prononciation rappelle le son produit par l'être ou la chose qu'il dénote. "glouglou ", "pan ". (= onomatopoeia, sound effect)
SEQUENCE : partie, durée et espace de récit. L’équivalent d’une « scène », au théâtre ou d’un paragraphe, en littérature.
ESPACE INTER-ICONIQUE : espace généralement blanc entre les images (espace/temps) (= "gouttière" pour les BD)
CHAMP : l’ensemble des éléments cadrés dans l'image.
HORS-CHAMP : l'ensemble des éléments qui ne sont pas cadrés dans l'image ou montrés dans la séquence mais qui leurs sont néanmoins sous-jacents.
CONTRECHAMP : l'ensemble des éléments dévoilés dans le cadrage suivant celui, précédent, qui les sous-entendait. Si cette définition vous donne mal à la tête, voici celle du Petit Larousse : Prise de vue effectuée dans la direction exacte opposée à celle de la précédente.
PLAN : chaque plan est une couche de l'image.
SYNOPSIS : résumé de l'histoire ; c'est à partir de ce synopsis que sera développé le scénario
TRAME : chaque couche de l'histoire est une trame.
ELLIPSE : saut dans le temps ou l'espace du récit, rupture avec la linéarité de celui-ci (= closure)
Cf.« narratologie : http://www.5c.be/textes/narratol.htm#note1

Pour les cadrages (comme au cinéma), un peu de "bilinguisme" :

cadrage : framing, cadre : frame (+ cadrer : to frame),
Plan de situation : establishing shot (case d'introduction, d'ouverture, panoramique)
Plan d’ensemble : long shot
Plan demi-ensemble : medium long shot
Plan moyen : full shot
Plan américain : medium long shot
Plan rapproché : close shot ou semi close-up
Plan très rapproché ou plan poitrine : close shot
Gros plan (ou plan serré) : close up ou shoulder shot ou tight shot, ou encore medium close up quand opposé à extreme close up
Très gros plan : extreme close up ou very close shot (ou detail shot = plan de détail)

Champ : shot
Contre-champ : reverse shot
Contre-plongée : low angle shot / tilt
Plongée : high angle shot / dip

Une vignette peut avoir de la profondeur de champ (depth of field) : on peut décrire le premier plan (foreground), le plan intermédiaire (middleground) et l’arrière-plan (background).

Consulter aussi la rubrique "Cinéma" dans le site de la Bibliothèque Angellier

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LES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS d'une BD

Agencement des cases = breakdown, layout, voir à Découpage

Appendice : partie du dessin qui (souvent) relie la bulle à la bouche du personnage = tail, balloon tail, pointer.

Appogiature = caption, narration box

Arrière-plan = background
Arrière-plan expressionniste = expressionistic background (se dit aussi Arrière-plan suggestif)

Arthrologie : ensemble des relations s'articulant entre les images au sein de la BD = arthrology

Avant-plan = foreground

Bulle (ou phylactère ou ballon) : la bulle peut être ronde, ovale, rectangulaire, carrée, etc., mais c’est toujours une « bulle » (= balloon, bubble). Les BD s'appellent "fumetti" (« fumées ») en Italie, car elles sont définies par les bulles qui font penser à de petits nuages de fumée.
Bulle de cri = splash balloon
Bulle de dialogue = dialogue balloon
Bulle de pensée = thought balloon, thought bubble

Cartouche = caption, narration box. Caption correspond à : cartouche, encart narratif, récitatif, appogiature, légende.
Cartouche de pensée = thought caption

Case : carré (ou autre entourage géométrique) qui contient la vignette. Pour certains, case = vignette.
Case d'introduction, case d'ouverture = establishing shot
Case pleine page = full panel, splash page (voir aussi à "Page")
Case sans bords = borderless image, borderless panel, non-frame, non-outline

Cliffhanger de fin de page = turn of page moment

Closure : mot anglais désignant le travail intellectuel (inconscient) du lecteur de BD qui utilise son imagination pour compenser l'ellipse narrative qui correspond à l'espace instersticiel qui existe entre chaque case ou plusieurs planches, voire entre deux albums ; ce terme est utilisé par Scott McCloud dans son livre Understanding comics, qui mêle la fois l’idée de cadrage et de hors champ, de condensation ou de suppression d'élément. Pour McCloud, closure c'est « la grammaire de la bande dessinée » et ça se fait à six niveaux sémantiques : la durée, l’action, le sujet, le lieu, l’aspect et la juxtaposition.Si on veut vraiment un mot français, utiliser "ellipse".

Code graphique = cartoon symbol, symbol

Combinaison additionnelle = additive combination
Combinaison axée sur l'image = picture-specific combination
Combinaison axée sur les mots = word-specific combination
Combinaison croisée = intersecting combination
Combinaison interdépendante = interdependent combination
Combinaison mots/image (combinaison axée sur les mots) = word/picture combination
Combinaison parallèle = parallel combination
Combinaison superposée = duo-specific combination

Contour : balloon border, border

Cross-over : aventure en plusieurs parties se déroulant dans différentes séries / Cycle : histoire se déroulant sur plusieurs tomes

Débordement du cadre (hors-cadre, hors-case) = fourth wall break (expression d'origine théâtrale, à rapprocher de : border breaking, burst out, overlay, panel border)

Découpage = breakdown (découpage du récit en vignettes). = layout (organisation générale des cases sur les pages + des plans intérieurs de ces cases) = page layout (mise en page)
Découper = box, lay out panel

Dessin sur double page = double-page splash (pleine double-page)
Double-page avec ou sans trait d'union) = double-page

Dynamique = speed line (trait de vitesse, de mouvement ; ligne de vitesse, de mouvement ; ligne de force ; ligne de tension ; ligne cynétique ; ligne dynamique ; à rapprocher de : blurring effect, kinetic line, motion line, streaking effect, subjective motion, zip ribbon)

Effet de flou = blurring effect, streaking effect
Effet de masque = masking effect
Effet de vitesse = blurring effect
Effet panoramique = polyptych

Ellipse : ce qui n'est pas montré entre deux cases ou deux séquences. voir Gutter (mais oui !) et Closure

Encart narratif = caption, narration box

Enchaînement = transition
Enchaînement d'action à action = action-to-action transition
Enchaînement de moment à moment = moment-to-moment transition
Enchaînement de point de vue à point de vue = aspect-to-aspect transition
Enchaînement de scène à scène = scene-to-scene transition
Enchaînement de sujet à sujet = subject-to-subject transition
Enchaînement entre deux cases = panel-to-panel transition
Enchaînement par solution de continuité = non-sequitur transition

Espace inter-iconique (entre-image) = gutter

Fill in : se dit d'un épisode "bouche-trou"

Flèche = trail

Gaufrier = panel grid

Goutte de gêne = sweat drop
Goutte de sueur = sweat bead, sweat drop

Gouttière : espace entre deux cases, pas forcément blanc, se dit aussi espace inter-iconique, blanc inter-iconique, intercase = gutter. Pour un livre : la gouttière (= fore edge) est la "tranche" du livre, qui peut être concave, par opposition au "dos" du livre (= spine, ou back), généralement convexe ; on parle aussi de tranche latérale, par opposition à la tranche de tête, ou tranche supérieure, qui est ce qu'on voit des pages en regardant le livre par le haut = head, et la partie opposée, la tranche de queue ou inférieure = tail. Les "plats" (celui dit du dessus, et celui du dessous qui est appelé aussi quatrième de couverture) forment la couverture du livre relié (= front cover, et back cover ou back board), les contreplats correspondant à l'intérieur des plats (boards). La jacquette ou liseuse (élément amovible) protège parfois l'ouvrage = dust jacket, avec des rabats = jacket flaps

Gros-nez = big-foot, cartoon-style, cartoony

Hétérogénéité graphique = masking effect

Hors cadre (avec ou sans trait d'union) + Hors case = border breaking, burst out overlay

Iconique = iconic (iconic = iconique, stylisé)

Idéo (pour idéogramme) + Picto (pour pictogramme) s'emploient en langage parlé (et Symbole ou Code graphique ou encore Krollebitche, à l'écrit) = symbol, cartoon symbol, graphic emblem, graphic sign

Image pleine page = full page panel, splash page

Incrustation (+ Insert, ou, abrégé, Incrust, case enchâssée dans une autre) = inset, meta panel, sub-panel, super panel

Intercase = gutter

Légende = caption
Légende de pensée = thought caption

Lettrage = lettering

Ligne cinétique (+ Ligne de mouvement, Ligne de vitesse = kinetic line, motion line, speed line, zip ribbon
Ligne de force = speed line (l'expression "speed lines" employée dans un texte en français = subjective motion)

Maquette = layout

Mettre en page = box, panel
Mise en page = page layout

Montage = montage

Mouvement subjectif = subjective motion

Multicadre = multiframe

Ongoing-series : séries régulières, non limitées à quelques épisodes

One shot : volume unique

Page = page
voir aussi à Pleine page

Petite bulle = bubble
Phylactère : voir Bulle

Planche : page de vignettes = page panel

Pleine page = full page, full page panel, splash page
Pleine double page = double page splash

Prequel : se dit d'un épisode dont l'action se situe avant la série principale (cf. vocabulaire du cinéma)

Présentation en gaufrier : suite de cases régulières, à la suite, et les unes au-dessus des autres. = grid (ex. : a nine panel grid of three rows ans three columns)

Queue = tail
Queue de bulle = balloon tail, pointer

Récitatif (ou commentaire) : panneau qui commente une image (équivalent de la "voix off" au cinéma) = caption

Relaunch : nouveau lancement d'une série déjà existante et qui redémarre au numéro 1

Représentation multiple = multiple images

Run : désigne la période pendant laquelle un scénariste ou un dessinateur travaille sur une série avant de laisser la place à un autre

Spin-off : série dérivée d'une autre, avec un concept et/ou des personnages en commun

Spatio-topie : ensemble des paramètres d'utilisation de l'espace par la BD = spatio-topia >> dispositif spatio-topique = spatio-topical apparatus, spatio-topical operation

Splash page : dessin qui chevauche deux pages contiguës, ou qui occupe une pleine page (full page panel) contrastant avec l’utilisation de cases régulières. Ce terme est rarement traduit, mais on trouve quand même parfois : dessin pleine-page, image de pleine page, ainsi que page de titre. En informatique (= splash screen), c'est la page de garde, ou page écran, ou page d'entrée, ou page d'introduction, avant la page d'accueil proprement dite.

Spoiler : c'est lorsque quelqu'un divulgue (radio, magazine...) un élément-clé d'une intrigue, et que cela risque de gâcher (to spoil) le plaisir de la lecture
de celui qui découvre la BD

Story-arc : aventure complète divisée en plusieurs épisodes. Renvoie à la notion de cycles

Strip : alignement de cases, mot traduit parfois par "registre" = strip, row of panels, tier

Stylisation = stylisation
Stylisé = iconic

Super déformé = super-deformed

Suspense de fin de page = turn of page moment

Symbole, Symbole graphique : voir Idéo

Tension au détout d'une phrase = turn of page moment

Trait de mouvement, de vitesse : voir Ligne cinétique

Tressage : mise en relation de certaines images entre elles, non pas au simple niveau d'une page mais au niveau de l'album lui-même ou parfois
même au niveau d'une série d'albums =
braiding

Vignette : dessin dans une case ; c’est l’unité de base de la BD (= panel). Extrait de Wikipedia, l'encyclopédie gratuite en ligne :
A panel is a single-drawing cartoon published by a newspaper, by a magazine, or on the Internet. A panel consists of one drawing that depicts
a single moment. Often, a character in the cartoon speaks a line, which is usually printed in a caption beneath the panel itself. Many panels
are syndicated and published daily, on a newspaper page with other syndicated cartoons that are collectively known as comic strips.
Panels are contrasted with the more common comic strip format, which consists of an actual "strip" of multiple drawings that tell a story in sequence.
A panel may also refer to an individual frame, or single drawing, in the multiple-panel sequence of a comic strip or comic book. The customary sequence in daily
newspapers is four panels, as in Doonesbury or For Better or For Worse, or three panels, such as Garfield or Dilbert. In a comic book, multi-panel frames of many
different sizes and shapes can be found. Examples of this are Batman, Spider-Man, Cerebus the Aardvark, Quackup, and many others.


Vignette à bords perdus (Vignette à la coupe) = bleed

Virgules de vitesse, ou lignes de vitesse : des sortes de virgules qui ponctuent, accompagnent, le mouvement sur un dessin, près de l’endroit qui bouge : plus ça bouge, plus y en a ! (en anglais : zip ribbons, ou motion lines ou movement lines ou action lines ou speed lines ! Voir plus haut).


Autres traductions en anglais : ci-dessous + consulter la page "lexique comicana", destinée surtout aux fanatiques de BD et de bilinguisme français-anglais. Cf. aussi le lexique en anglais de wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Comics_vocabulary dont voici un extrait :
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Lexicon_of_Comicana :
Plewds : Flying sweat droplets that appear around a character's head when working hard or stressed.
Briffits : Clouds of dust that hang in the spot where a swiftly departing character or object was previously standing.
Squeans : Little starbursts or circles that signify intoxication, dizziness, or sickness.
Emanata : Lines drawn around the head to indicate shock or surprise.
Grawlixes : Typographical symbols standing for profanities, which appear in dialogue balloons in the place of actual dialogue.
Waftaroms : Wavy, rising lines used to represent steam on hot or smelly objects
Agitrons : Wiggly lines around an object that is shaking
Blurgits, swalloops : Curved lines preceding or trailing after a character's moving limbs
Hites : Horizontal straight lines trailing after something moving with great speed, or indicating reflectivity (puddle, glass, mirror). Likewise, up-hites would be lines above an object falling.
Lucaflect : A shiny spot on a surface of something
Dites : Diagonal, straight lines drawn across something flat, clear, and reflective, such as windows and mirrors.
Solrads : Radiating lines drawn from something luminous like a lightbulb or the sun.
Vites : Vertical straight lines indicating reflectivity (compare dites, hites).
Additional Symbolia terms include whiteope, sphericasia, that-a-tron, spurls, oculama, crottles, maledicta balloons, indotherm, farkles,
doozex, staggeration, boozex, digitrons, nittles, quimp, and jarns.

*********************************************************************

Police de caractère d'imprimerie inventée par Rian Hughes : knobcheese


Autres polices qu'il a inventées : Crash Bang Wallop, Revolver, Metropol Noir, Gargoyle Black, Doom Patrol Logos,
DC Comics, Doom Platoon Typeface, Citrus typeface, etc., certaines d'entre elles ayant leur origine dans la création de logos.

 

 

 

 

LES « ACTEURS » du monde BD

L’auteur de BD (celui qui sait tout faire) = cartoonist

Dessinateur ou illustrateur : penciller ou illustrator ou artist
cover-artist : dessinateur se chargeant uniquement de produire le dessin de couverture d'une BD

Scénariste : writer

Coloriste : colorist

Lettreur : letterer (pour les textes des bulles ou des commentaires)

Encreur : inker (applique l’encre au dessin de l’illustrateur)

Conception graphique : conception design


On oppose les Comic books qui sont les bandes dessinées en albums reliés aux :
Strips ou strip cartoons, comic strips :
- Séries d’images de la bande dessinée de presse
- Une seule bande de vignettes, quotidiennes ou dominicales
- 4 cases avec la chute (punch line) dans la dernière case.
A l’usage, on s’aperçoit que le mot comics s’emploie un peu n’importe comment, à tort et à travers… et comix s’utilise pour la BD alternative, « underground ».


Cartoon s’emploie à la fois pour
- les dessins humoristiques
- les dessins de presse
- les caricatures
- et également pour certains dessins animés

On oppose les séries (en anglais : serials), c’est-à-dire les albums avec des personnages dont on suit les aventures d’un épisode à l’autre
aux histoires autonomes (one-shots)

Crossover : épisode qui regroupe des personnages issus d'univers différents.

ROBINSON CRUSOE de Daniel Defoe
BD + Annexe culturelle + CD (Oeuvre intégrale en numérique + oeuvre intégrale en livre audio)
Dessins : Jean-Christophe Vergne. Editions Adonis, 2007. Glénat, 2010.

 

LISTE (non exhaustive) DE BD ET ROMANS GRAPHIQUES disponibles à la Bibliothèque Angellier

(Recherche dans le catalogue des bibliothèques de Lille 3, à partir des titres : /http://hip.scd.univ-lille3.fr/)


ALEC
/ Eddie Campbell (B CAMP 7 33144)
All Over Coffee
/ Paul MADONNA (A MADO 7 33139)
Alternative Zits
/ Jerry SCOTT and Jim BORGMAN (A SCOTT 7 29602)
American Widow
/ Alissa TORRES (A Torr 7 33180)
Another Stereotype Bites the Dust
/ Darrin BELL (A BELL 7 32217)
Arbre de la vie (L') ou la vie de Charles Darwin
/ Peter SIS (B DARW .06 SIS 29605)
Are You My Mother ?
/ Alison BECHDEL
Asterix the Gaul
/ René GOSCINNY (METH 1 A5088)
Baby Blues Unplugged
/Rick KIRKMAN (VITRINE R 17 28433)
Best of American Splendor
/ Harvey PEKAR (A PEKAR 7 29125)
Best of the Spirit (The)
/ Will EISNER (A EISN 7 28953)
Black Hole
/ Charles BURNS (A BURNS 7 28906)
Blankets
/ Craig THOMPSON (A THOM 7 28222)
Bone 1
/ Jeff SMITH (VITRINE R17 27327)
Boondocks (the)
/ Aaron MCGRUDER (VITRINE R 10 27766)
Boondocks Treasury (the)
/ Aaron MCGRUDER (A MCGR7 27867)
Bop!
/ Alex ROBINSON (VITRINE R17 28401)
Boulevard of Broken Dreams (the)
/ Kim DEITCH (A DEIT 7 29124)
Bride of the Far Side
/ Gary LARSON (A LARS 7 27625)
Calvin and Hobbes (nombreux volumes)
/ Bill WATTERSON (voir catalogue)
Carnet de voyage
/ Craig THOMPSON (VITRINE R17 28952)
Castle Waiting
/ Linda MEDLEY (A MEDL 7 cast 31715)
Clumsy
/ Jeffrey BROWN (Vitrine R17 28635)
Clyde Fans
/ SETH (A SETH7 28379)
Col blanc
/ Giacomo PATRI (A PATRI 7 30916)
Common Grounds
/ Troy HICKMAN (A Hick 7 31419)
Complete Crumb (the) volume 13
/ Ilse THOMPSON (VITRINE R17 27395)
Complete D.R. and Quinch (The)
/ Alan MOORE (A MOORE 7 29129)
Complete Lowlife (a)
/ Ed BRUBAKER (Vitrine R17 28421)
Cry Wolf
/ Doug CRILL (B CRILL7 8258 ou B CRILL7 29009)
Cry Yourself to Sleep
/ Jeremy TINDER (A TIND 7 29829)
Curses
/ Kevin HUIZENGA (A Huiz 7 33100)
David Boring
/ Daniel CLOWES (A CLOW 7 27615)
Dotter of Her Father's Eyes
/ Mary M. TALBOT (B TALB 7 36029)
Dracula /
Bram STOKER (B STOK 7 36211)
Dropsie Avenue
/ Will EISNER (A EISN7 30914)
Edge City
/ Terry et Patty LABAN (A LABAN 7 33138)
Elderberries (The)
/ Phil FRANK and Joe TROISE (A FRANK 7 32216)
Elektra
/ Frank MILLER (A MILL 7 29126)
Ethel and Ernest
/ Raymond BRIGGS (B BRIGGS 7 A7283)
Every Girl is the End of the World for Me
/ Jeffrey BROWN (A BROWN 7 29830)
Fagin the Jew
/ Will EISNER (A EISN 7 28958)
Far Side Gallery (The)
/ Gary LARSON (A LARS 7 27626)
Far Side Gallery (The) 2
/ Gary LARSON (vitrine R10 26548)
The PreHistory of the Far Side : a tenth anniversary exhibit
/ Gary LARSON (vitrine R10 26632)
Foodboy
/ Carol SWAIN (VITRINE R 17 28427)
Form and Void
/ by Dave SIM and GERHARD (B SIM 7 33233)
Frankenstein /
Mary SHELLEY adapted by Brigit Vinney (B SHEL 7 36184)
From Hell
/ Alan MOORE (A MOORE 29216)
Fun Home
/ Alison BECHDEL (A BECH 7 30573)
Fungus the Bogeyman
/ Raymond BRIGGS (B BRIGGS 7 A7137)
Gambols (the) : book no.30
/ Dobs and Barry APPLEBY (A APPLE 7 29794)
Gambols (the) : book no.32
/ Dobs and Barry APPLEBY (A APPLE 7 29795)
Garfield (albums) plusieurs albums
/ Jim DAVIS
Gemma Bovery
/ Posy SIMMONDS (VITRINE R17 A8417)
Ghost Stories
/ Jeff LEMIRE (A LEMI 7 GHOST 31425)
Ghost World
/ Daniel CLOWES (A CLOW 7 27336)
Golem’s Mighty Swing (the)
/ James STURM (A STURM 7 29122)
Goodbye, Chunky Rice
/ Craig THOMPSON (VITRINE R17 27768)
Gray Horses
/ Hope LARSON (A LARS 7 33114)
Hard Goodbye (the)
/ Frank Miller (Vitrine R17 28624)
Hellboy 7
/ Mike MIGNOLA (A MIGN 7 31542)
Hillbilly
/ Anthony HARKINS (CA 28888)
Hitman
/ Garth ENNIS (VITRINE R17 27331)
History of Violence (a)
/ John WAGNER (A WAGN 7 29121)
I Never Liked You
/ Chester BROWN (VITRINE R17 28631)
Ice Haven
/ Daniel CLOWES (A CLOW7 29928)
In the Shadow of no Towers
/ Art SPIEGELMAN (A SPIE 7 28307)
It’s a Good Life, If you don’t Weaken
/ SETH (A SETH 7 28404)
It’s Show Time, Snoopy
/ Charles M. SCHULZ (VITRINE R10 23796)
Jeremy and Mom
/ Jerry SCOTT (A SCOTT 7 29601)
Jimmy Corrigan the Smartest
/ F.C. WARE (VITRINE R17 27586)
JLA, Earth 2
/ Grant MORRISON (VITRINE R17 27396)
Julius Knipl Real Estate
/ Ben KATCHOR (VITRINE R17 31295)
King 2 (Martin Luther King)
/ Ho Che ANDERSON (A ANDE 7 28626)
King 3 (Martin Luther King)
/ Ho Che ANDERSON (A ANDE 7 28627)
La Perdida
/ Jessica ABEL (A ABEL 7 31385)
Laugh Again with Andy Capp
/ Reg SMYTHE (VITRINE R10 25089)
League of Extraordinary Gentlemen (the) : Black Dossier
/ Alan MOORE (B MOORE 7 33137)
League of Extraordinary Gentlemen (the)  II
/ Alan MOORE (A MOORE 7 28955)
Let There Be Reign
/ Johnny HART (A HART 7 WIZ 23793)
Literary Life
/ Posy SIMMONDS (B SIMM 7 31266)
Little Man. Short Strips, 1980-95
/ Chester BROWN (A BROWN 7 33104)
Little Nemo
/ Winsor McCAY (A McCay 7 29088)
Logicomix
/ Apostolos DOXIADIS (A DOXI 7 33294)
Love and Rockets X
/ Gilbert HERNANDEZ (VITRINE R17 27397)
Matt Groening’s The Simpsons Uncensored
/ Matt GROENING (VITRINE R10 26499)
Maus a Survivor’s Tale I
/ Art SPIEGELMAN (Vitrine R17 26067)
Maus a Survivor’s Tale II
/ Art SPIEGELMAN (vitrine R17 26082)
Midsummer Night's Dream (A) /
William Shakespeare (B SHAK 7 36210)
Monsters in My Tummy (The)
/ Roman DIRGE (VITRINE R17 27555)
Mother's Mouth (The)
/ Dash SHAW (A SHAW 7 moth 31902)
Murder Mysteries
/ Neil GAIMAN (VITRINE R17 A9695)
New American Splendor Anthology (the)
/ Harvey PEKAR (A PEKAR 7 29125)
Othello
/ Oscar ZARATE (VITRINE R10 BIS A7336)
Palomar
/ Gilbert HERNANDEZ (A HERN 7 28378)
People's History of American Empire
/ Howard ZINN (Accueil-vitrine 33303)
Pierced : a Zits Close-Up
/ Jerry SCOTT (A SCOTT 7 32206)
Plot (the)
/ Will EiISNER (A EISN 7 29833)
Poor Bastard (the)
/ Joe MATT (VITRINE R17 28402)
Quimby the Mouse
/ Chris WARE (A WARE 7 28907)
R. Crumb Coffee Table Art Book (The)
/ Peter Poplaski (A CRUMB 7 27342)
Revenge of the Baby-Sat (The)
/ Bill WATTERSON
Roman Dirge’s Lenore Wedgies
/ Roman DIRGE (A DIRGE 7 27554)
Rude, Crude and Tattoed (Zits sketchbook, n° 12)
/ Jerry SCOTT (A SCOTT 7 32205)
Sandman (the) 1
/ Neil GAIMAN (B GAIM 7 Sand 31420)
Sandman (the) 3
/ Neil GAIMAN (Vitrine R17 27441)
Sandman (the) 4
/ Neil GAIMAN (VITRINE R17 27330)
Sandman (the) 5
/ Neil GAIMAN (VITRINE R17 27329)
Scientific Progress Goes "Boink"
/ Bill WATERSON (A WATT7 SCIE 31422)
Sherman's Lagoon, 1991-2001
/ Jim TOOMEY (A TOOM 7 33110)
Shutterbug Follies
/ Jason LITTLE (A LITT 7 28959)
Signal to Noise
/ Neil GAIMAN (VITRINE R17 27338)
Simpsons (the) : Guide to Springfield
/ Matt GROENING (A GROE 7 26841)
Slow News Day
/ Andi WATSON (A WATS 7 29796)
Something Under the Bed is Drooling
/ Bill WATERSON (VITRINE R10 27289)
Squee’s Wonderful Big, Giant Book
/ Jhonen VASQUEZ (VITRINE R17 27579)
Stop and Smell the Roses
/ Patrick McDONNELL (A McDo 7 33090)
Stitches
/ David SMALL (A SMALL 7 33295)
Stuck Rubber Baby
/ Howard CRUSE (A CRUSE 7 28954)
Summer Blonde
/ Adrian TOMINE (A TOMI 7 29127)
Supersized
/ Jerry SCOTT (B SCOTT 7 29025)
Swallow Me Whole
/ Nate POWELL (B POWELL 7 33232)
Tales from the Farm
/ Jeff LEMIRE (A LEMI 7 29598)
Talk to the Hand
/ GB TRUDEAU (A TRUD 7 31430)
Tamara Drewe
/ Posy SIMMONDS (B SIMM 7 30924)
That Salty Air
/ Tim SIEVERT (A SIEV 7 29599)
Tell Me Something
/ JASON (VITRINE R 17 28433)
Tell Me, Dark
/ K.E. WAGNER (A WAGN 7 27659)
Think Thinner, Snoopy
/ Charles M. SCHULTZ (A SCHULZ 7 SNOOPY 23795)
Tonoharu
/ Lars MARTINSON (A MART 7 31407)
Transformers, End of the Road
/ Simon FUMAN (VITRINE R17 27332)
Tricked
/ Alex ROBINSON (A ROBI 7 31427)
Twelfth Night
/ Bruce R. SMITH (B SHAK7 28728) exclu du prêt
Twentieth Century Eightball
/ Daniel CLOWES (VITRINE R17 28886)
UG
/ Raymond BRIGGS (B BRIGGS 7 A9198)
Uncle Sam
/ Steve DARNALL (Vitrine R17 27315)
Unlikely : a True Love Story
/ Jeffrey BROWN (VITRINE R17 28403)
V for Vendetta
/ Alan MOORE (Vitrine R17 27595)
Wallace and Gromit : The Lost Slipper
/ Peter VINEY (plusieurs tomes)
Wanted
/ Mark MILLAR (A MILLAR 7 32215)
Watchmen
/ Alan MOORE (Vitrine R17 27454)
Well, This is Another Fine How do You Do
/ Johnny HART (A HART 7 WIZ 23794)
Wendel All Together
/ Howard CRUSE (VITRINE R17 27424)
Werewolf
/ Richard CORBEN (A CORB 7 29128)
What, Me, Pregnant?
/ Lynn JOHNSTON (Vitrine R17 27478)
When did Ignorance Become a Point of View ?
/ Adams SCOTT (VITRINE R17 27339)
When the Wind Blows
/ Raymond BRIGGS (B BRIG 7 A8297)
Wind in the Willows (the)
/ Kenneth GRAHAME (B GRAH 7 33849)
Whiteout: Melt
/ Greg RUCKA (VITRINE R17 27333)
You Need Help, Charlie Brown
/ Charles M. SCHULZ (A SCHU 7 21312)
Young Gods and Friends
/ Barry WINDSOR-SMITH (B WIND 7 29604)
Z? JTHM [Johnny the Homicidal Maniac]
/ Jhonen VASQUEZ (A VASQ 7 27553)

Nombreuses adaptations d'oeuvres littéraires


dont certaines en français :

Othello / William Shakespeare adapté par Denis Deprez (Vitrine R10bis 30600)
Frankenstein /
Mary Shelley adaptée par Denis Deprez (Vitrine R10bis 30589)
Moby Dick
/ Herman Melville adapté par Denis Deprez & Jean Rouaud (Vitrine R10bis 30599)
+
aux Editions Adonis, collection "Romans de toujours", avec un CD d'accompagnement comportant le texte de l'oeuvre originale en anglais et la version française et le livre audio (français) :
Robinson Crusoe / Daniel Defoe adapté par Christophe Lemoine (Vitrine R10bis 30810)
L'Ile au trésor / Robert Louis Stevenson adapté par Christophe Lemoine (Vitrine R10bis 29242)
Le Conte de Noël / Charles Dickens adapté par Patrice Buendia (B Dickens 7 31906)
La Guerre des mondes / H. G. Wells adapté par Philippe Chanoinat (B Wells 7 31907)

+

en anglais :

Charles Dickens and Friends / Marcia Williams (Vitrine R10bis 30557)
Tales from Shakespeare : seven plays / William Shakespeare adapted by Marcia Williams (Vitrine R10bis 30558)
More Tales from Shakespeare : seven plays / William Shakespeare adapted by Marcia Williams (Vitrine R10bis 30661)
Canterville Ghost (The) / Oscar Wilde ; script by Sean Michael Wilson (B WILDE 7 36241)
City of Glass / Paul Auster ; adaptation by Paul Karasik and David Mazzucchelli ; intr. A. Spiegelman (A AUST 7 28957)
Dracula / Bram STOKER script by Jason Cobley (B STOK 7 36211)
Henry V / William Shakespeare ; adapted by Brigit Viney (B SHAK 7 36244)
Jane Eyre / Charlotte Brontë ; script by Amy Corzine (B SHAK 736240)
Life and Opinions of Tristam Shandy (the) / Laurence Sterne ; adapted by Martin Rowson (B ROWS 7 29831)
Midsummer Night's Dream (A) / William Shakespeare (B SHAK 7 36210)
Murder on the Orient Express (+ CD) / Agatha Christie ; adapted by Peter Foreman, François Rivière... (Vitrine R10bis A8852)
Othello / William Shakespeare ; ed. David Gibson & ill. by Oscar Zarate
Romeo and Juliet / William Shakespeare ; script by John McDonald (B SHAK 7 36243)
Tempest (The) / William Shakespeare ; script by John McDonald (B SHAK 7 36242)



Collection "Reading Time" : fictions classiques condensées et présentées sous forme de bandes dessinées pour les élèves de CM1 et les CM2 :

The Hound of the Baskervilles d'après Sir Arthur Conan Doyle / Juliette Saumande (CM2) (Lang 5 52936)
Huckleberry Finn d'après Mark Twain / Juliette Saumande (CM2) (Lang 5 52935)
Oliver Twist d'après Charles Dickens / Juliette Saumande (CM1) (Lang 5 52933)
Robin Hood d'après Howard Pyle / Juliette Saumande (CM1) (Lang 5 52934)
Robinson Crusoe d'après Daniel Defoe / Juliette Saumande (CM1) (Lang 5 52938)
Treasure Island d'après Robert Louis Stevenson / Juliette Saumande (CM2) (Lang 5 52937)

Collection "Classic illustrated" :

Island of Dr Moreau / H. G. Wells ; adapted by Steven Grant & Eric Vincent (B Wells 7 A4181)
Great Expectations / Charles Dickens ; adapted by Rick Geary (Vitrine R10bis A4182)
Moby Dick / Herman Melville ; adapted by Bill Sienkiewicz (Vitrine R10bis 25222)
Rip Van Winkle / Washington Irving ; adapted by Jeffrey Busch (Vitrine R10bis 25228)
Wuthering Heights / Emily Brontë ; adapted by Rick Geary (B Brontë E. 7 A4186)
Fall of the House of Usher (The) / Edgar Allan Poe ; adapted by P. Craig Russell (Vitrine R10bis 25043)
Devil’s Dictionary and Other Works (The) / Ambrose Bierce ; adapted by Gahan Wilson (A BIER 3 25221)

 

 

Catalogue informatisé de la Bibliothèque Angellier :